
Concept de tatouage vibrant de Nokia. Source USPTO
Le mois dernier la presse spécialisée diffusait l’information selon laquelle Nokia vient de breveter un concept de tatouage vibrant permettant aux futurs utilisateurs de leurs téléphones portables d’être avertis directement sur la peau en cas d’appel. Gadget me direz vous ? Certainement … mais si cela vous paraît totalement inutile pour d’autre cela sera totalement indispensable. Cette connexion supra-cutanée est encore bien loin de tout ce qu’a imaginé la science-fiction et l’anticipation en terme d’interface homme-machine. L’on ne parle pas d’implants sous-cutanés ou intra-craniens comme il en existe déjà dans de nombreux laboratoires depuis de nombreuses années, mais jusqu’à présent principalement limités à des test sur des animaux.

Extra Ear London, Los Angeles, Melbourne 2006 fot. Nina Sellars. Site : http://stelarc.org
Dans le domaine de l’art contemporain, la prothèse auditive de Stelarc provoque bien des sueurs froides, pourtant l’on ne peut s’empêcher de faire le parallèle avec le brevet de Nokia. Un peux comme si ce dernier était à l’artiste ce que le tatouage au henné est au tatouage artisanal à l’aiguille. Même si l’idée de la greffe technologique aussi légère soit-elle n’est pas encore prête à prendre dans l’opinion en 2012 il n’est pas sure que cela soit toujours ainsi, car en matière de libre choix et d’acceptation des pratiques il est évident que jamais rien n’est écrit à l’avance.
Dans le documentaire diffusé en 2011 sur FR2 intitulé « Un Homme presque parfait » l’on reviens sur toutes les avancées en matière de prothèses orthopédiques qui ne sont plus de simple membres artificiel inertes. Actionnées par des moteurs toujours plus légers et miniaturisés et surtout assistées par ordinateurs de façon « intelligente ». En plus de permettre à de nombreuses personnes de retrouver une vie active et d’alléger du poids du handicape, le constat est que déjà les résultats de ces prothèses dépasser les performance du membre humain qu’elles remplacent en terme de performance ( principalement de rendement et pas de dextérité ). En effet les limite biologique et motrice d’un humain étant parfaitement connue et limité, celles de la robotique et de l’assistance informatique sont encore inexplorés et les perspectives dépasse celle du corps humain dans bien des cas … Un bras de fer avec une machine outil ? Certainement pas. Un concours de tir à l’arc avec un ordinateurs de calcule de trajectoire de missile ? Bonne chance !
-
Un homme presque parfait – Bande Annonce
Dans un monde idéal, l’on ne pourrait voir que des avantages à ces progrès, que cela soit d’un point de vue médicale, productif ou même humain permettant ainsi à de nombreuses personnes handicapés de (re)trouver une place dans une société qui a parfois du mal à faire les concessions et aménagements nécessaires à la vie quotidienne. Société qui de plus cultive un culte à la performance et au corps parfait et normé. Par exemple l’athlète Aimee Mullins, amputée des deux jambes dans son enfance, est aujourd’hui une égérie de mode et un véritable sex-symbol. Evidemment l’on pourrait y voir une forme de fascination pour l’esthétique du corps amputé qui n’est pas nouvelle, mais ce qui l’est bien plus c’est que la diminution physique soit perçu comme un « avantage » ou une « amélioration ». Même si les gens sont pleins de bon sentiments et d’admiration pour la ténacité et les performances de ces hommes et de ses femmes, il se profile la crainte que cultive l’homme 1.0 depuis les débuts de l’ère mécanique et industriel d’être dépassé et contraint à s’adapté ou disparaître face un homme amélioré artificiellement.

Aimee Mullins. Site : www.aimeemullins.com
La polémique autour de la possible participation de Oscar Pistorius, un autre atlhète amputé des deux jambes, sous prétexte que ses lames de haute technologie lui apporterai un avantage majeur sur un coureur valide, montre bien le renversement de perception qu’il y a de ces humains « remis à niveaux » physiquement qui provoquent des sentiments aussi ambivalents que l’admiration, l’envie ou la peur chez leurs semblables seulement valides.

Oscar Pistorius "Blade runner", arrivé 3e en demi-finale du 400 m aux Mondiaux d’athlétisme en 2011 , Martin Meissner / ASSOCIATED PRESS
Car bien que cela nous paraît comme une folie de penser qu’un jour des personnes puissent se faire amputer volontairement afin d’en tiré un avantage, l’on sait que nombre de nos pratiques et de nos modes de vies nous sont dictés avant tout par la nécessité et des obligations sociales ou morales. Par exemple, des millions de personnes à travers le monde travaillent dans des milieux où une mort plus ou moins brutale les menaces à chaque instant pour toucher un salaire tout autant vitale, nous même au quotidien l’on prend notre voiture même si l’on se dit écologiste, l’on porte des vêtements frabriqués dans des conditions sociales douteuses par absence de choix ou de moyens alors que
l’on est sincèrement très préoccupé par des questions politiques ou de droit du travail. Mais c’est dans le domaine de la sécurité et militaire que ce genre de pratique à des chances d’apparaître drapé du mythe du super-soldat ( Capitaine America, Wolverine, etc ), des sacrifiés volontaire à l’augmentation, par devoir et respect de l’autorité. De la même façon que l’unité motorisé à d’abord changé nos champs de batailles avant d’envahir nos routes, l’humain 2.0 fera peut-être de même.
Masamune Shirow dans sa saga ( manga et adapté en animé ) « Ghost in the Shell » développe, entre autre, ce thème d’une société ou l’intégration sociale et professionnelle se fait via les amélioration robotique et cybernétique qu’un individu accepte de réaliser ( que l’on retrouve dans le roman d’anticipation Neuromancer de William Gibson ), le tout le plus souvent gracieusement « prété » par son employeur qu’il soit privé ou gouvernemental. Pour faire face à des criminels, mais surtout des organisations étrangère ou des ennemis de l’intérieur de l’ordre établi, le major Motoko Kusanagi a sacrifié jusqu’à la dernière cellule biologique qui la constituait, au point de douter de sa condition d’être humain cybernétique ayant été un jour fait de chair et de sang ou de machine au cœur de laquelle l’on a introduit les souvenir d’un humain. Togusa le seul membre entièrement biologique de sa brigade refusant la cybernétisation de son cerveau est perçue comme l’anomalie, un individu diminué que l’on garde au cas où une menace spécifiquement informatique se présente, un peux comme les armements conventionnel que l’on stock au cas ou de défaillance technologique dans des dépôts.
-
Ghost in the shell : Stand Alone Complex – Solid State Society.
Un jour peut-être il sera demandé à nos agents de polices ou militaires, de porter un tatouage Nokia afin de gagner en réactivité ou d’amélioré les communications opérationnelles, et ensuite cela sera les unités de secours et de santé, puis nos agents de caisses et toute personne soumise dans son travail à des questions de productivité et de performances.
Mais cette vision classique d’une évolutions des mentalités et pratiques par le sommets de la société ( personnalités , défense, sécurité, santé, travail etc ) ne prend pas en considération les changement en terme de consommation de masse qui peuvent partir de la base. Qui aurait pu imaginer il y a 20 ans du caractère vitale qu’a acquis aujourd’hui nos téléphones portables ? Internet ? Aujourd’hui nos smartphones et demain ce qui leur succédera. Une mutation par la base encouragé par des consortiums qui naissent et grandissent de l’apparition de ces nouvelles pratiques et besoins.
-
First World Problem : Pas d’IPHONE à noel. Jonathan Mann

Eric Emerson Schmidt, né le 27 avril 1955, à Washington D.C.1 a été le CEO (PDG) de Google de 20012 au 4 avril 2011, date à laquelle il devient executive chairman et est remplacé par Larry Page, co-fondateur de Google. ( wikipédia )
Eric Schmidt l’un des présidents de Google, surtout connu dans le grand publique pour ses déclarations décomplexés sur l’industrie et la prospective en matière de numérique, appelle dans ses conférences à un transhumanisme que des compagnies tel que la sienne seraient entrain d’inventer et développer dans leurs laboratoires. Mais ici il ne s’agit pas simplement d’interface externes ou même greffés au corps humain mais bien d’une augmentation des capacités de notre cerveaux via des applications. Vous l’aurez compris, nos moyens d’accès à internet via téléphone en sont les prémisses, et déjà les problématique de cet état de fait se pose par exemple dans le domaine de l’éducation : pourquoi demander à un adolescent de connaître une date d’histoire importante quand il peut avoir une réponse bien plus sûre et documenté via une recherche wikipédia ? Parcqu’il peut ne pas avoir son téléphone ou internet ? Parcque c’est plus rapide de le savoir que de faire une requete ? Mais que se passera-t-il quand cette requête se fera automatiquement sans que l’on ne la demande et que la connection au réseau sera neuronale et instantané?
-
Eric Schmidt à la conférence Techonomy 2010
Avoir accès à tout instant à toute la connaissance mondiale, connaître toutes les langues, savoir tout sur tout via une automatisation de la recherche et de l’accès à des bases de données et des mémoires externes, et même des capacités inédites tel que savoir prédire les besoins ou les actions d’autrui via des analyses statistiques en temps réel … voilà peut-être l’étape ultime de l’augmentation humaine. Eric Schmidt dans une de ses conférences nous dit que cela est déjà possible mais freiné par des considérations tel que « le respect de la vie privée » qui pour lui disparaitront avec un changement générationnel, nous promettant un futur radieux où tout nos besoins seront anticipés. L’humain augmenté est aussi un humain analysé, sous surveillance et toujours connecté, l’ombre du "Meilleur des mondes" de Aldous Huxley est bien là. Même si l’on sait éviter les pires scénarios paranoïaque ou d’anticipation le cœur de la problématique de l’externalisation et de la cybernétisation de l’individu reste et nous renvoi à des questions existentielles universelles et amplifiées par la confusion de l’être à un tout.
BEN CHABA Julien.
