Faire le buzz sur internet, un formidable tremplin

Depuis plusieurs mois, on peut voir sur internet des vidéos qui cartonnent. Leurs auteurs : de jeunes artistes. Ils postent leurs propres réalisations sur YouTube (site d‘ hébergement de vidéos où l’on peut visualiser, mais aussi envoyer et partager ses propres vidéos) accédant ainsi à une plus grande visibilité. Parmi eux des chanteurs, des comiques, vidéastes, bloggeurs… ils sont aussi podcasteurs (du verbe podcaster : diffuser des fichiers audio ou vidéo sur internet pour permettre de les télécharger). Multi talents leur rôle est de produire du contenu multimédia, débrouillards ils tournent, jouent, écrivent des minis sketchs et assurent la scénarisation, la post-production, le montage et la mise en ligne. Pour ces amateurs, le web est un tremplin gigantesque permettant une notoriété instantanée.
Les web humoristes les plus en vogue sont Norman, Cyprien et Hugo ; à eux 3 ils comptent plus de quinze millions de vues, créant ainsi le buzz (occuper tous les canaux de communication afin d’arriver à faire parler d’un sujet. C’est une sorte de publicité sauvage qui passe par le consommateur et se diffuse par le bouche à oreille).Norman et Hugo se sont rencontrés en seconde. A l’époque ils faisaient déjà plein de vidéos, filmaient leurs délires avec ce qu’ils avaient… une webcam. En 2008, alors équipés d’une caméra d’occasion, ils postent leur première vidéo. En 2011, en l‘espace de 4 mois le nombre de visionnages explose. Chacune de leurs vidéos est vue plus de vingt mille fois puis d’un coup elles atteignent le million. Leurs buzz leur permettent de toucher de l’argent, grâce aux publicités qui précèdent leurs sketchs. Ils partagent les revenus de la pub avec YouTube, gagnant ainsi un peu plus du smic chaque mois. En effet depuis le 29 janvier 2007, Chad Hurley, l’un des fondateurs du site YouTube a annoncé que le service de vidéo en ligne réservera à ses participants les plus actifs (qui doivent être auteurs de leurs vidéos) une partie des revenus de site générés par la publicité.

Cette vague internet ne va t elle pas s’arrêter aussi brusquement ? ils ont leurs idées « Le web est en train de changer la donne la télé va se ringardiser. Une petite révolution est en marche ».                                                                                                                          Evidement le contenu est le plus important : des vidéos d’amateurs il y en a à profusion, eux ont des connaissances en technique ; Hugo a fait du théâtre et Norman des études de cinéma. Ils sont exigeants et pour 3 minutes de sketch ils travaillent 3 semaines.

Depuis ils sont sollicités par des chaines de télévisions, des boîtes de production et des agences de pub.
Prochaine étape: la scène dans un one man show. Ils testent déjà leurs vannes dans des scènes ouvertes (lieu où un spectacle est organisé, composé de différents courts passages d’artistes, lieu de rencontre artistique, propice à la création de groupe, à la rencontre des artistes avec le public et à l’ouverture sur des styles différents, anonymement)

Freddie Wong
Jeune homme créatif, c’est la star incontournable du net pour ses vidéos originales et truffées d’effets spéciaux. Génie du buzz, il crée l’évènement à chaque nouvelle réalisation qu’il publie via sa propre chaîne YouTube, qui compte déjà, plus de cinq cent mille inscrits et contient des dizaines de vidéos innovantes qui font le tour du web.
Ses premières apparitions sur le web datent de 2006 où on le voit en virtuose du jeu Guitar Hero (jeu de rythme sur console de jeux vidéo. Le joueur doit parvenir à jouer des chansons avec le moins de fausses notes possible).

Attiré par les films d’actions, les armes de gros calibre, l’humour geek… Il a étudié le septième art dans la prestigieuse université de Californie Sud. Il réalise ensuite des films pour la TV avant de parier sur… YouTube. « J’ai eu le sentiment que c’était à ma génération de s’approprier le web, de l’explorer (..). C’était terriblement excitant ».
Très bon communiquant, il passe aussi beaucoup de son temps à échanger avec les autres internautes, autour de ses projets vidéos, ses techniques de tournage ou d’effets spéciaux. Chacune des ses réalisations vidéos sont accompagnées d’un making-off complet, où il dévoile ses secrets de tournage. Il ne craint pas d’être copié, il le souhaite : « Tout le monde mérite de tout savoir ». Concernant les logiciels de montage il utilise Final Cut Studio et même… Windows Movie Maker !


Aujourd’hui, immense star de la toile, il est suivi par plus d’un million et demi d’abonnés. Il a crée sa chaine : « Freddiew », avec un ami, classée dans les 20 premières au monde. Ses vidéos ont été vues près de trois cent millions de fois confirmant que le web est moyen d’accéder à une reconnaissance. Il a maintenant son propre studio et une équipe pour l’épauler et il s’oblige à proposer une vidéo chaque semaine pour ne pas perdre l’inspiration.

Irma auteur-chanteur-interprète

Dans la catégorie chanteuse voici Irma. Révélée et coproduite par les internautes en moins d’un an, cette chanteuse de 22 ans a déjà un parcours fulgurant.
Née au Cameroun elle arrive à Paris en 2003. En 2007 elle commence à poster des vidéos « pour rigoler ». Avec sa guitare elle se réapproprie des tubes et séduit les internautes. Quelques mois plus tard sa vidéo figure parmi les plus vues, elle est automatiquement propulsée en page d’accueil du site.

Repérée par My Major Compagny (label musical communautaire. Il se présente sous la forme d’un réseau social de financement communautaire à partir duquel des internautes deviennent des « internautes-contributeurs ». Ces derniers sont appelés à acheter des « parts de contribution » dans un projet d’album d’un ou plusieurs artistes, permettant aux internautes de contribuer au développement et au lancement d’un artiste et de son album). Elle réunit les soixante dix milles euros nécessaire à l’enregistrement d’un album en 2 jours, un record ! 416 coproducteurs misent sur elle. Le producteur de Lenny Kravitz l’invite dans son studio à New-York, mais elle ne reconnaît pas ses morceaux qu’elle juge « trop lisses » et, prend le risque de tout réenregistrer afin d’y laisser sa personnalité.
Comment a t elle suscité le buzz ? Elle évoque un concours de circonstances. Elle ne réalise pas la puissance d’internet, arrivant du Cameroun où, là-bas « il faut 2h pour ouvrir une page web » Il faut quand même entretenir sa communauté en apportant du contenu régulièrement. Elle a fait une tournée avec Diam’s et les première parties de M, Micky Green et Tété.
Maxime Luère : Le Web comme seconde chance.
Sa vidéo, A life on facebook, a fait plusieurs fois le tour du monde. Maxime Luère, est l’auteur du plus gros buzz du mois de novembre. Il a été visionné entre 4,5 millions et 5 millions de fois sur les plateformes de partage de vidéo. Un succès qui lui a ouvert de nombreuses portes, mais qui lui a également posé quelques soucis
Automne 2010, Maxime Luère, technicien spécialiste de la vidéo, se remet difficilement d’une rupture amoureuse. il imagine alors ce qu’elle représenterait dans sa vie avec le recul des années, et la projette sur facebook. Il réalise sa vidéo en 3 jours, en anglais, pour toucher le plus grand public. Le personnage est anonyme pour qu’on puisse s’identifier à lui. Le premier jour, elle reçoit 15 connexions. Vexé, il est prêt à la retirer, mais elle est reprise par le site Koreus.com (site francophone de divertissement humoristique qui propose une collection de blagues, de vidéos drôles, de jeux en Flash gratuits…) et elle se répand à la vitesse de l’éclair. « J’ai reçu 999 demandes d’amis sur Facebook en 5 heures et plus de 11 000 messages (…) Quelqu’un m’a crée une fanpage, rejointe par plus de 15 000 personnes. »

Mais une mauvaise nouvelle vient ternir cette soudaine notoriété : Maxime reçoit un e-mail de la présidente de la maison de disques des Rolling Stones lui demandant de retirer la vidéo. En effet, il a mis le célèbre « Paint It Black » en fond sonore sans en avoir les droits d’utilisation. A contrecœur, il supprime son court-métrage, alors qu’il a presque atteint dix millions de vues. Dans un même élan, des centaines de personnes la repostent.

Il n’a pas gagné d’argent. Par contre, cela lui a ouvert de nombreuses portes. En quelques jours, il a pu se constituer un réseau incroyable de musiciens, techniciens, avocats dans le monde entier. Refusé dans les écoles d’animation et de cinéma, il s’est imposé dans ce milieu à force de cumuler des stages. Grâce à cette vidéo il s’offre une revanche et aujourd’hui réalise ses propres films.
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La demande de nouveaux talents est si forte que des plate-formes de découvertes se multiplient pour répondre à une demande croissante de nouveautés des internautes.
De SFR Jeunes talents à MyStar, les sites Internet dédiés à la recherche des « nouveaux talents » prônent la diversité artistique et enterrent les vieux médias.
« Il y a une grosse demande de nouveauté à laquelle les médias traditionnels ne peuvent pas répondre, insiste Olivier Ravard, cofondateur de Mystar. À la télévision, il faut plaire à la ménagère de moins de 50 ans. Ce filtre à l’entrée empêche les talents d’émerger. » Chanteurs, danseurs ou photographes, des milliers de jeunes gens envahissent alors les pages de YouTube, de Myspace et de Flickr, parfois dans l’espoir de décrocher un contrat.
Mais comment se démarquer dans les dizaines de milliers de vidéos et photos postées chaque jour ? « Il manquait un lieu de rendez-vous entre les gens qui cherchent de la nouveauté sans savoir où aller les chercher et ceux qui en ont marre de voir leur vidéo stagner en cinquantième page de Dailymotion», analyse Olivier Ravard.

« Pour un artiste, il est indispensable d’être visible sur Internet » affirme Jean-Stéphane Catano, photographe amateur. Il a choisi de répondre à des « appels à création », des concours organisés par des grandes marques qui sont jugés par des pros. Une approche opposée à celle de Mystar. « Quand les internautes votent, je ne prends même pas la peine de m’inscrire. Cela ne sert à rien de concourir au milieu de photos de vacances ! »
SFR a lancé ce type d’appel en 2006 avec le site SFR Jeunes Talents : donner la possibilité à des artistes de s’exposer tout en assurant sa publicité. Au programme : photo, graphisme, musique et écriture. Lauréats d’un concours photo l’année dernière, Jean-Stéphane Catano a depuis exposé à Paris Photo et à Arles, vu ses œuvres publiées dans le magazine du groupe et rempli son carnet d’adresses.

YouTube a permi à plusieurs internautes de devenir populaires : Tay Zonday, Afro Ninja, Rémi Gaillard, Norman…Ils n’ont pas hésité à utiliser facebook pour se faire connaître, à envoyer les liens à leurs amis sur les réseaux sociaux.
Ils n’ont pas pris les voies classiques mais un chemin d’accès plus court. Poster des vidéos de cette manière leur permet de conserver une liberté, d’expression et d’organisation, en gardant leur autonomie et sans avoir de producteur.

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