Internet politique : une bloggeuse, à deux pixels du Nobel de la paix

 C’est une jeune tunisienne de 27 ans, une femme orientale dans toute sa simplicité Cyber-activiste, journaliste, professeur d’anglais et d’arabe au sein des universités de Tunis et de Boston. A la suite de son obtention du grand prix de WORLD E .GOVLINA BEN MHENNI est la première tunisienne à être candidate au Prix NOBEL de la Paix.

Elle a été choisie par le comité de prix Nobel de la paix 2011 pour son militantisme soutenu à travers son blog «  A TUNISIAN GIRL » en montrant les scènes de répressions et de violences survenues lors des affrontements, entre les forces de l’ordre de l’ancien régime et les manifestants,  notamment  dans le sud de Tunis, le centre ou le nord du pays. Menée d’un appareil photo à la main LINA couvrait la révolution avec une trentaine d’autres blogueurs :

  • « On balançait l’information sur Facebook, Twitter tout au long de la journée. Soit directement sur place, soit en envoyant des SMS à ceux qui avaient une connexion. On s’appelait entre nous pour vérifier les informations, puis on relayait. C’était dingue, je recevais des centaines de messages pour me demander d’ouvrir mon mur Facebook et de partager mes statuts. »

Pour cette militante, ce choix est une grande responsabilité, dès lors que les candidats ou les futurs lauréats de ce prix sont des figures emblématiques en matière de défense de droit de l’homme et des libertés.

Elle a commencée l’écriture d’un blog en 2007. Dans un premier temps, elle a abordée des questions privées, puis influencée par ses expériences durant ses études aux Etats Unis, elle rejoint d’autres blogueurs tunisiens qui combattent  pour la liberté d’expression et les droits de l’homme dans leur pays. Son blog est par la suite, interdit et censuré sous le régime de BEN ALI.

En effet, cette « TUNISIAN GIRL » est la voix de la révolte tunisienne, elle représente  la jeunesse d’un peuple qui a subi 23 ans de dictature, mais aussi une jeunesse cultivée, éduquée et consciente. Elle représente la jeunesse qui a décidé de changer son destin et celui du monde arabe  pour un futur meilleur, pour une liberté d’expression, pour un essor économique, scientifique et financier et  pour un état démocratique et laïque.

http://www.blogger.com/profile/17220124423496957935

http://atunisiangirl.blogspot.com/

Sa candidature au Prix Nobel constitue un véritable soutien aux médias sociaux que ce soit en termes d’influence ou d’impact. Je vais me permettre d’utiliser l’exemple de cette bloggeuse pour m’exprimer sur l’internet politique et son rôle dans la révolution du jasmin :

Pendant 23 ans, le « 404 NOT FOUND » (page introuvable) : le célèbre message d’erreur était déjà familier aux internautes tunisiens cherchant à accéder à des sites critiquant les autorités. Certains sites d’informations français, de même que des blogs et des réseaux sociaux, sont aussi sur la liste noire des autorités.

Le nouvel observateurRue89 et 20 minutes ont été bloqués en Tunisie à la date du  28 avril 2005. L’accès à une dizaine de blogs tunisiens (par exemple « Selim » ou « Trapboy »), ainsi qu’au site d’opposition « ATTARIQ AL JADID« (ça veut dire le nouveau héros), était désormais impossible. Flickr a été également bloqué, de même que d’autres sites de partage d’images comme Blip.tv, Metacafe, Wat.tv et VidoEmo. Des profils et groupes Facebook et Twitter ont  été déclarés non grata dans le pays, notamment ceux de l’avocat Mohamed Abbou et du militant syndical Mohamed Ayadi.

L’accès au Net a toujours été restreint en Tunisie, un pays où  la liberté de la presse était très relative. De nombreux sites appartenant à l’opposition ou critiquant le gouvernement sont ainsi déjà censurés. Leurs propriétaires savaient qu’ils risquaient la prison pour « publication de fausses informations » et « utilisation des moyens de communication de façon illégale ».

Le gouvernement censurait tous les sites d’opposition ou ceux qui portaient un regard critique sur la Tunisie. Même les sites de ce qu’on appelle ‘l’opposition légale’ n’échappaient pas à la censure. Le gouvernement avait également la possibilité de hacker certains sites pour les rayer de la Toile (c’est le cas du site Nawaat, par exemple) ; il employait des hackers professionnels qui travaillaient en collaboration, bien évidemment, avec l’Agence tunisienne d’Internet qui pirataient les comptes des militants pour récupérer les identifiants et mots de passe. On avaient coutume de surnommer «l’erreur 404» «Ammar 404». Une personnification de la censure, en référence à l’ancien ministre de la Communication Habib Ammar.Ce genre de pratique décourageait les responsables des sites. Certains craquaient et abandonnaient parce qu’ils savaient qu’ils ne pouvaient rien contre les censeurs, d’autres justifiaient cette censure en arguant que les sites censurés dépassaient les lignes rouges. Mais quelles lignes rouges ? On ne savait pas. Tout était secret en Tunisie et il n’y avait pas de politique clairement définie en ce qui concerne l’usage d’Internet. »

Récemment, j’ai appris aussi, d’un article que j’ai lu sur un blog, l’existence de bureaux d’écoutes téléphonique et satellitaire près de Carthage. Ces bureaux employaient près de 600 ingénieurs «censeurs» relevant du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), le parti au pouvoir. De leur côté, les blogueurs contournaient les restrictions de navigation en s’échangeant des proxys, ces serveurs qui permettent de surfer anonymement sur le web.

à la date du 13 JANVIER 2011,presque un mois après le déclenchement révolutionnaire; le Président Ben Ali s’est adressé au peuple tunisien, par une allocution transmise par les chaînes de télévision nationales, et voici un extrait de l’allocution:

« Quant aux revendications politiques, je vous avais dit que je vous ai compris, nous avons décidé:

  • * La pleine et entière liberté pour la presse, tous médias confondus. Libre accès aux sites Internet qui ne seront soumis à aucune forme de censure, tout en veillant au respect de la déontologie et des principes de la profession journalistique.
  • * A compter de ce jour, la liberté d’expression politique sera de mise, y compris la manifestation pacifique, la manifestation pacifique encadrée et organisée, la manifestation civilisée. Un parti ou une organisation qui voudrait organiser une manifestation pacifique aura la latitude de le faire pour peu qu’il en fasse la déclaration, en fixe l’heure et le lieu, l’encadre et collabore avec les parties responsables pour en préserver le caractère pacifique.’

Pour la première fois dans l’histoire d’internet, un gouvernement mettait ainsi  fin à une politique de censure du Web sous la pression du peuple. Cette déclaration a placé  la liberté d’accès à internet au même rang que la liberté de la presse et des médias, constitue une nouvelle étape dans la jeune histoire d’internet politique et illustre le rôle important de ce réseau dans la chute d’un régime qui contrôlait efficacement le Web. Car ce ne sont  pas les médias traditionnels qui nous ont fait prendre conscience de l’ampleur du mouvement, mais bien des messages reliés par Facebook ou Twitter.

Après tous ces évènements, nous devons admettre que la chute du régime a redonné aux journalistes tunisiens leur liberté d’expression. Mais les années de censure et le black-out médiatique lors de la Révolution ont laissé des traces. Les médias tunisiens sont aujourd’hui décrédibilisés aux yeux d’une grande partie de l’opinion publique. Des dizaines de projets de création de nouveaux médias seraient en cours de lancement depuis le 14 janvier. Blogueurs, étudiants, journalistes tentent de redessiner le paysage médiatique tunisien.

A ce jour, cette cyber-censure n’existe plus, mais une cyber-police continue de surveiller les internautes tunisiens:

«Je le confirme, la cyber-censure n’existe plus en Tunisie. Oui, il y a une cyber-police qui agit sur ordre de la justice. D’autre part, cette cyber-police fait de la veille sur la toile, essentiellement dans le but d’identifier les sites à résonance terroriste. Mais j’envisage de me renseigner un peu plus quant à leurs activités», a affirmé le secrétaire d’Etat à la Jeunesse et aux Sports, Slim Amamou.

Sur le plan politique, économique et social, nous sommes devant un chantier difficile: bâtir un régime politique viable, réparer les dégâts collatéraux occasionnés par cette révolution populaire et restaurer l’ordre public, pour réanimer au plus vite le secteur du tourisme, vital pour l’économie Tunisienne.

Nous voyons également que le mouvement qui a commencé en Tunisie est la source de voix qui s’élèvent au sein même de l’Europe. Une mobilisation focalisée autant sur le terrain que sur le Net. De jeunes européens luttent désormais contre l’inégalité des revenus,  mais aussi contre les excès du système financier, celui des grandes fortunes et du pouvoir d’achat en très large diminution. Le groupuscule ; « Les indignés d’Amérique » ou « les Anti-Wall Street », trouve sa naissance en Espagne et est soutenue par STÉPHANE FRÉDÉRIC HESSEL, diplomate et militant politique français, âgé de 93 ans, a écrit  » Indignez-vous ! » en 2010 et « Engagez-vous » en 2011, pour soutenir et encore encourager la jeunesse militante.

En conclusion, j’ajouterais que le mode de transmission de connaissances ainsi que celui de l’expression que représente Internet a une nouvelle fois, par la force contraignante des situations vécues dans le monde, poussé les peuples de chaque nation a enfin relevé la tête et en finir avec la domination qui, cachée pour certains, divulguée pour d’autres n’est plus acceptée ou acceptable en ce XXI ème siècle. Des situations ont changés, des vies ont changés et la lutte continue……………………………

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