Le multimédia vivant

Il y a quelques temps, un mouvement est né autour de Frieder Weiss qui donne place à une nouvelle forme d’interactivité et qui prends forme dans le domaine de la danse contemporaine. Frieder Weiss est un des grands développeur des écritures informatisées du mouvement et de la chorégraphie et fourni au chorégraphes des outils puissants de création, de mémorisation et de gestion de l’invention. L’informatique comme outil d’aide à la création, à la capture du mouvement, à la gestion de l’invention et à la notation de mémorisation. Avec ses écritures scéniques et l’utilisation novatrice des techniques de l’image, du son, de la lumière et de la machinerie, la présence du corps réel rencontre le corps virtuel sur scène. Corps qui représente en même temps le passé du corps réel, car les mouvements sont mémorisés et rejetés en retardé. Un doute s’installe alors,qu’est-ce qui est réel ? Qu’est-ce qui est virtuel ? Et qui manipule qui ? Voici la naissance d’un premier multimédia vivant.

Mortal Engine by Chunky Move

Poursuivons
Frieder Weiss travaille avec de nombreux chorégraphes, s’intéressant à l’ évolution du langage descriptif de la danse grâce à la notation à la fois spatiale, temporelle et dynamique et construisent ensemble de nouveaux modèles de représentation avec le corps comme référence. Les nouveaux médias – son, vidéo, animation 3D, on tous un temps de latence, c’est à dire qu’il y a un délai entre une action et le déclenchement d’une réaction. L’ordinateur à besoin d’un minimum de temps pour calculer et traduire une image. Ce temps de latence a diminuer tellement, qu’aujourd’hui les chorégraphes retravaillent, mais de manière très conscient avec le retardement de l’interprétation d’images.
Renate Graziadei et Athur Stäldi du LaborGras à Berlin se sont poser la question : « comment peut-on se rappeler d’une image? »
Ils ont proposer ensuite une solution dans leurs œuvre, I, Myself and Me Again dans laquelle les danseurs rencontre des passés d’eux-mêmes sur quatre écrans vidéos. Qui étaient-ils il y a une ou trois ou six minutes? Les danseurs dansaient tous dans un solo un « maintenant » naturel et rencontraient en parallèle sur l’écran vidéo le passé, d’eux même. Les enregistrements vidéos étaient monté grâce au logiciel « Kalypso », conçut de Frieder Weiss, et projeté en retarder grâce à des algorithme spécifique.

I, Myself and Me Again

Prenons exemple de Corps 00:00
Dans Corps 00:00, Cindy Van Acker branche son corps à des stimulateurs électriques informatisés qui court-circuitent ses mouvements. Elle s’ interroge sur la naissance d’un corps dansant, possible au-delà de sa forme corporelle. Corps greffé, branché, informatisé, la danse devient la pratique dénudé d’un corps réel support d’un corps possible qui le dépasse. Durant plusieurs années pour Cindy Van Acker, l’espace a été le seul partenaire, passionné et exigeant. Les solos de la danseuse étaient de l’ordre de la transe immobile. Elle recherche la déshumanisation corporelle et la déconstruction émotionnelle et ne veut pas réduire la personnalité mais bien transcender celle-ci. Ainsi, en retournant à l’essence même de l’humain, elle devient universelle.
Aujourd’hui son corps dansant devient le spectacle de sa déformation: quelque chose le dépasse, qui dit que le corps ne se limite pas à sa forme. On se retrouve ainsi entre corps réel et corps virtuel. Un multimédia vivant.

C’est en quelque sorte un nouveau processus d’exterieurisation mémoriel qui se laisse com­paraitre avec le récit de Pline. Selon Pline, l’image picturale des origines aurait été le fruit d’une fixation de la projection des corps . Dans son récit une jeune fille arrête, à l’aide de l’ombre, l’image de l’amant qui s’en va, créant ainsi une figure de remplacement.

Les première peinture semble donc que être des copies d’une copie. Mais c’est diffèrent dans le travail de Cindy van Acker et Frieder Weiss. C’est l’ombre lui même qui est créer et elle n’est pas figure de remplacement, mais une actualisation de l’image que l’on a de ce corps. Si on pense la peau comme cadre, comme frontière, alors ces nouvelles technologies révèlent le hors champs de ces corps. Nous envoie directement dans l’intimité, auparavant invisible, de ces corps dansant. Autrement dit, la jeune fille de Pline rend l’absent présent. Frieder Weiss et ces nombreux chorégraphes rendent l’invisible visible. Mais tous les deux exploitent le même geste, le même outil. L’écriture.
La danse via la technologie fait exister un nouveau corps qui sait exhiber l’insuffisance du corps réel. Le corps en connexion avec la technologie révèle des capacité d’expression inattendu. Il reste ouvert, traversé par la machine, il voit son cadre imaginaire disparaître ou au moins se redéfinir. Le corps dansant devient ainsi interface. «Surface, la peau fut un jour le commencement du monde, et simultanément la limite du moi. En tant qu’interface, elle fut autrefois le site de l’effondrement du personnel et du politique. Mais maintenant, étirée et pénétrée par la machine, la peau n’est plus la surface lisse, sensuelle, d’un site ou d’un écran. La peau ne signifie plus désormais séparation, […] mais disparition du dedans et du dehors.» (Stelarc, Vers le post humain, Nouvelles de danse, n° 40-41).

Second exemple : Perceivable Bodies
Dans la chorographie perceivable bodies Simon et Emily Fernandez dansent avec un champ lumineux se situant au sol. Alors que la lumière semble les encadrer, les emprisonner dans son champs limité, c’est les danseurs eux-même qui ouvrent avec un mouvement des doigts, le plus délicat, ce champs lumineux. Comme si leurs liberté se définisserait dans l’élargissement de leur cage virtuelle. La lumière reflue docilement. Puis quelque mouvement après Emily Rernandez semble de danser avec un ombre de mille petite baguette de jonchet. Plus ses mouvements sont turbulents, plus les baguettes lumineux devient turbulentes, qui dansent comme s’il elles étaient son ombre. Une caméra suit ses mouvement, enregistre sa position. La vidéo en motion-tracking interprète ses contours comme étant sa silhouette et le logiciel « Eye-con » interprète son changement de position en impulsions lumineux. Puis sur le mur, le spectateur voit apparaître les mots: «The sad organism should fight the decay of the body, but the sadness it feels takes away the motivation and the energy to do so

C’est ce poème sur la décadence du corps et du moteur, que représente le corps pour la production de lumière et de son, c’est cette relation schizophrène entre ce corps qui danse librement et ce décor qui est généré par machine, qui intéresse Frieder Weiss.
Et c’est quand le danseur ne s’écarte pas de son ombre virtuel que le monde interactive semble d’être en règle. Mais plus intéressant, sont pour Frieder Weiss les moment de petits pannes, dans lesquels le logiciel semble de travailler indépendamment ou les moments, dans lesquels les danseurs arrivent pour quelques secondes seulement à se retirer de l’installation de mesure qu’il les observe. Ce sont des moments de liberté de ce nouveau multimédia vivant.

Larissa HAHN

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