l’art et le numérique: les cahiers du numérique sous la direction de Jean Pierre Balpe

les cahiers du numérique : un livre présenté sous forme d’article

comité de rédaction :

Jean Pierre Balpe, (université Paris 8) – Pierre Ravot ( Australie) – Henry Samier  (université d’Angers)  et Victor Sandoval ( école centrale de Paris)

liste des auteurs:

Jean Pierre Balpe- Pierre Bongiovanni- Philippe Avenier- Alain Maulny- Janique Laudouar- Jean Baptiste de Vathaire- Jean Clément- Jean Louis Weissberg- Cécile Kerjan- Xavier Perrot – Anne Sarah Le Meur – Anne Gaelle- Martine Bour- Mark Reaney- Jacopo Baboni Schilingi- Armando Menicacci

Le numérique fait figurer de paradigme technologique majeur pénétrant toutes les activités humaines et conduit à repenser aussi bien les systèmes techniques que les systèmes sociaux. L’art étant au cœur de la société, est le premier à être impacter : Design d’espace, design produit ,design graphique , production filmique, photographie , musique ou même la peinture, utilisent l’informatique et les nouvelles technologies pour le traitement des œuvres. Des œuvres qui peuvent ressembler à une visite virtuelle d’un espace ou à une publicité.Des œuvres immatérielles,que je ne sais pas, personnellement, si je peux les qualifier comme étant œuvres d’art.

Le volume numéro 1 des cahiers du numérique questionne les œuvres d’art utilisant l’informatique comme technique de production. » L’objectif est d’essayer de circonscrire les questions principale que posent à l’art aujourd’hui l’importance socio-économique grandissante de l’information et son traitement numérique« . il est évident que le numérique introduit des transformations importantes dans les conceptions et les productions artistiques d’aujourd’hui : Une approche qui exige une étude globale du contexte dans lequel elle s’insère. On ne peut pas comprendre la nécessité d’utiliser l’informatique et les nouvelles technologies dans une production filmique, par exemple, sans examiner les relations constantes entre l’art et la technique.

« Les concepts du numérique » Jean Pierre Balpe

Jean Pierre Balpe, nous présente,d’une manière synthétique,  les différents concepts de l’art numérique et nous donne son propre point de vue sur les œuvres numériques: il le  définie comme étant l’art du technique,qui peut être analyser au travers de ses instrumentations et qui trahit ce qui le fonde.C’est un art  qui se réalise hors de toute matière étant donné qu’il se repose sur un traitement symbolique et sur la modélisation: toute œuvre d’art numérique est pensée, en premier lieu, sans rapport pragmatique à la matière. Concevoir un objet dont la forme n’est qu’une symbolisation de la forme dans un système qui est essentiellement information.Pour être plus concret, Jean Balpe donne l’exemple de la notion de matière de l’image. Cette dernière est théorique, elle peut que jouer avec son apparence et elle ne peut pas exister sans son concepteur qui procède à des manipulations théoriques, sans son lecteur  et sans les supports matériels qui la présente.Au final, l’immatérialité de l’image numérique ne peut pas exister sans la matérialité de son support technique: deux notions contradictoires, qui forment la logique même de l’œuvre numérique.

En parlant de matière et de support, le rapport œuvre_technique s’impose également: l’art contemporain a toujours eu affaire à la technique, dont il a détourné certaines composantes pour son usage propre, mais dans le cadre du numérique,l’art contemporain se retrouve face à une technique particulière, entière, à prendre ou à laisser.En effet,dans le domaine du numérique, » l’art devient totalement technique et la technique symétriquement, par certains aspects de son approche programmatique, s’apparente à la démarche artistique ». L’image numérique est radicalement nouvelle: la digitalisation de l’image imposé au niveau du visible a modifié le mode de perception: le visible devient lisible.Selon Michel Jaffrennou, auteur du film en images de synthèse  » Pierre et le loup »,  » dans l’image numérique, tout pixel se voit ».

L’œuvre numérique est multiple, virtuelle, et sans lieu: C’est le phénomène d’hyper-médiatisation. C’est aussi un concept majeur du numérique. Pour la première fois dans l’histoire de la création humaine, par le réseaux, une œuvre peut se manifester simultanément et de la même façon à tout les points de la planète.

De se fait, on peut constater, que pour pouvoir définir et réfléchir l’art numérique, il est évident de tenir compte de la totalité du système et de la totalité du processus de la création: chaque concept est en étroite relation avec l’ensemble des autres, dont dépendent sa compréhension et son extension.Les œuvres numériques se trouvent obliger d’informer tout un système d’information. C’est donc un art concept qui se base sur l’analyse conceptuelle des systèmes de signes qu’il propose.

« De l’expérimentation en image de synthèse »article de Anne Sarah Le Meur

La synthèse d’image est une des disciplines de l’infographie, qui consiste à créer des images numériques tout en utilisant des outils informatiques. Jeune d’une trentaine d’années, elle prend une grande place dans le monde du cinéma, de l’architecture, des arts plastiques, de l’industrie…….. Le processus de création de cette technologie visuelle est maintenant très maitrisé, malgré son jeune age: La méthode de réalisation est devenue un travail à la chaine et il en résulte, cependant ,une grande monotonie dans les réalisations.Elles se ressemblent tous dans leur forme et ne se distinguent plus que par le détail du découpage ou du scénario. L’image de synthèse est devenu normative, et les œuvres expérimentales sont rares.

Sara Le Meur , dans cette article, nous montre, « comment l’exploitation de ce processus de création peut s’avérer riche de trouvailles plastiques et conceptuelles, et comment l’expérimentation en image de synthèse peut permettre de mieux comprendre le processus de création lui même. « Elle, cherche à analyser les modes d’expérimentation exploités dans les œuvres numériques.Simplement, les programmes restent invisibles, voir incompréhensibles et les textes d’artistes sur leurs propres manipulations numériques sont rares. Donc il reste que la possibilité de décrypter l’image a posteriori.

L’expérimentation, selon Sara  Le Meur, est une méthode qu’on utilise pour parvenir à une connaissance. C’est une manière d’explorer un processus de création. Elle exige  une grande ouverture d’esprit  et une grande modestie pour pouvoir accepter l’idée que les expériences ne mènent parfois à rien. L’expérimentation, c’est de ne pas tout contrôler et de se laisser guider. Il faut oublier les certitudes, il faut prendre des risques pour pouvoir exploiter de nouveaux pistes: C’est la nature même du processus de la création.

L’image de synthèse est immatérielles. L’ absence de matière réelle est, en fait, une immense liberté qui donne la possibilité de créer sans contraintes matérielles. L’ordinateur devient alors un laboratoire idéal : Des formes primitives simples et autres plus complexes, sont comprises par la machine: tout élément sera transcrit dans l’ordinateur sous forme binaire .Une image synthétisé est donc la résultante d’un  processus de calcul mathématique lancé par la machine lors du saisie des informations.Cette partie binaire, mathématique de ce processus de création, est souvent mal perçue par les artistes et ils craignent de ne pas avoir les capacités de la comprendre et donc de l’utiliser. Cependant, ce langage est constitutif de leur processus de création, l’ignorer serait négliger l’originalité de l’outil et risquer de ne pas l’exploiter au mieux, dans sa différence essentielle avec les autres médias. L’accepter et le comprendre serait avoir une double compétence, voir une double sensibilité.

La première opération mathématique, la plus simple , est la copie exacte d’un élément: Le numérique pousse cette opération à son extrême limite. Les formes les plus complexes, sont exactement les mêmes.Certains artistes ont expérimenté les effets visuels produit sur des formes organiques et complexes: On prend comme exemple :La Cité des enfants perdus  (1989) réalisé par Marc Caro et Jean Pierre Jeunet. Un film qui traite l’histoire d’ un vieil homme qui  vit sur une île artificielle entouré de clones, tous identiques.

Quand il s’agit de multiplicité, il s’agit aussi d’organisation et d’agencement dans l’espace. à ce stade, l’artiste se rend compte de l’efficacité et la fiabilité du programme qu’il utilise. « grâce à une boucle décrivant une opération sur la forme, et induisant plusieurs passages dans cette même instruction, il peut répéter un ordre à l’identique, ou au contraire le répéter en le faisant varier.Ces variations sont gérées par des paramètres (a,b,c etc), qui sont d’autres symboles, ou cases, prenant différentes valeurs numériques en cours de calcul « 

La deuxième opérations mathématique est une vraie puissance. L’artiste, devant son écran d’ordinateur pourra concrétiser ses idées tout en attribuant des facteurs de transformation à ses formes: la couleur, la transparence, les textures…….. Tout devient variable et fluide, il n’existe plus de constante ou d’état stable  imposés.

Des machines très puissantes et des programmes très intéressants et performants vont conduire les artistes à rechercher l’autonomie du processus de création. Face à ces œuvres produites de façon quasi autonome par la machine, la question concerne alors la responsabilité de l’artiste.

L’artiste conçoit, réfléchit, manipule et décompose, dans un programme, ou un texte, les étapes de modélisation, d’animation et d’habillage des formes. C’est lui qui décide, la machine ne fait que lui obéir et c’est les choix de ce dernier qui construisent l’image visuelle. De ce point de vu, la machine ressemble à un simple outil de travail, Simplement, elle possède des qualités qui jouent en faveur de l’artiste: l’exactitude de traitement des données, la rapidité de l’exécution des informations, une grande capacité de gestion et d’agencement  ainsi qu’un programme de calcul mathématique très précis.

En fait, pour stimuler le processus de l’expérimentation, il est bien évident de laisser intervenir le hasard, de laisse une marge d’action à l’outil qu’on utilise : » il suffit cependant de transformer légèrement le programme pour que chaque calcul apporte un résultat (image ou animation) particulier. L’artiste indique, éventuellement pour chaque donnée, et au lieu de les choisir lui même, une fourchette de nombres entre lesquels l’ordinateur tirera la valeur au hasard.Le calcul exécuté cent fois amène ainsi cent résultats différents. C’est la systématisation d’une démarche qui pouvait déjà être en place lors des tâtonnements sur les transformations. » Le jeu avec le hasard apporte des surprises et remet de la légèreté dans le processus. Une telle approche est  utile à la découverte de faits et de théories  : elle permet de trouver des effets inattendus. La machine devient donc un cerveau secondaire et l’artiste s’évite lui- même.

Nous pouvons donc constater que  la part du hasard est de plus en plus importante dans la production artistique visuelle. En effet, en mettant fin, entre-autres, à l’illusion de l’évidence des œuvres d’art, l’art contemporain a ouvert la porte grande ouverte aux effets aléatoires. Si bien qu’aujourd’hui, l’art et le hasard se tutoient, se combinent et se lovent comme jamais auparavant.

Critique:

Elle est  où la place de l’artiste dans l’art numérique ????? L’art numérique est il l’art du hasard????

Je me suis posé beaucoup de question de ce genre tout en lisant ce premier volume des cahiers du numérique. J’ai des certitudes vis à vis de l’art et j’ai aussi ma façon de penser, mais je me suis rendu compte qu’il faut être flexible, et qu’il faut mettre les certitudes de coté si on veut introduire la machine dans notre processus de création. Il est peut être pas mal de laisser l’ordinateur choisir à notre place, simplement, à un certain moment on va plus trouver notre place: tout sera diriger et guider par l’ordinateur, on sera nous même diriger et guider  par l’ordinateur.

L’art dans sa définition classique est une activité humaine  » l’art est le propre de l’homme, ce qui le distingue au sein de la nature, ». Simplement , l’art contemporain dépasse de loin cette définition: ce n’est plus l’art des humains, mais c’est plus  l’art des machines. Nous sommes plus dans un processus de communication que dans un processus de création. L’art est devenu un moyen de communication, un outil de sensibilisation très puissant. Il nous rend la vie plus belle, mais il nous fonce dans le conformisme.

Nous ne sommes plus dans la logique ARTISTE-SPECTATEUR mais plutôt ÉMETTEUR – RÉCEPTEUR. Nous sommes dans la logique d’intelligence économique, la culture de l’information et on ne fait que suivre le courant. En tant qu’artiste, nous n’avons plus la liberté de choisir notre processus, nous n’avons plus le libre arbitre………….;

L’art numérique est t-il un art???!!! Je ne sais pas encore, j’ai pas encore trouvé la réponse, mais j’y travail.


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Une réflexion au sujet de « l’art et le numérique: les cahiers du numérique sous la direction de Jean Pierre Balpe »

  1. Dans un article nommé « Photographie à Arles : quand le Web bouscule l’art contemporain » nous explorons l’appropriation d’images du web retravaillé par des artistes.
    Une nouvelle ère de possibilités selon eux infinies. Ce sont des créations d’images nouvelles comme le web pourrait les produire lui-même, mais transformé et réinterprétés. Un questionnement sur la pluralité d’une même image comme le couché de soleil qui ne vari jamais, forme de cliché et support de cliché. Dans cet article, les cinq commissaires ayant participé à l’exposition font l’éloge du « copier-coller », du « recyclage », du « remixage », des tendances plus que moderne, accessibles et simples. Ils revendiquent la réussite de ces travaux à une présence de point de vue et non seulement technologique. « Ce potentiel technologique a des répercussions esthétiques. Il change l’idée que nous nous faisons de la création. » Cet article témoigne aussi d’une revendication venant d’une contradictrice énervée ; « Vous tuez les artistes et vous mettez votre nom à l’entrée ». Il n’y a plus de place à la nouvelle création, nous sommes tellement entouré de nouveauté, la tendance est au recyclage, profite-on en. Recycler le numérisé, les données, l’inexistant matériellement. Ils se contentent de la matière première produite par les autres, leurs déchets éparpillés sur le web. Ils s’approprient ces matières premières et remettent en cause leurs droits d’auteur tout en les respectant. Respectent t ils vraiment l’idée qu’on se fait d’un artiste ? « Transformer l’ancien en nouveau », à « réévaluer le banal »

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