Politique & Design , le début d’une belle relation ?

Bastien Kerspern, étudiant de l’école de design Nantes Atlantiques, a décidé de traiter dans son mémoire de la relation entre deux thèmes qui le passionnent : la politique & le design. Alors si, comme moi, vous ne vous êtes jamais réellement penché sur le sujet ou si, au contraire, c’est une problématique qui vous passionne, je vous conseille de lire l’article suivant.

« Les nouveaux paradigmes de l’action citoyenne » traite plus précisément de l’utilité du design auprès de la politique et de son actualité. En effet, si la politique publique a longtemps existé sans consulter ni impliquer les utilisateurs, la démarche est aujourd’hui  au participatif. Bastien Kerspern distingue alors trois types de démocratie :

  • La démocratie représentative : où il n’y a pas de contact entre public et politiques, ces derniers tenant le haut de l’affiche. Les citoyens sont appelés à voter pour une représentation et élisent ainsi une programmation à laquelle ils assistent en tant que simples spectateurs.
  • La démocratie participative : où les citoyens sont acteurs au côté des politiques. Cependant cette participation ne s’avère que partielle dans les faits : les citoyens n’ont pas le même talent d’acteurs que les politiques et ces moments d’échange n’attirent souvent que le même public.
  • Et la démocratie coopérative : qui est une démocratie du quotidien qui tire sa force de l’addition des coopérations faibles. Par ce procédé de couches démocratiques, elles se compensent et se complètent assurant par là même le rythme continu de la vie politique du pays.

C’est bien sûr dans cette démocratie coopérative que le design de service va trouver sa place, aidant la communication entre politique et citoyen. Dans ce mémoire, vous trouverez donc quelque point que vous devez retenir si vous voulez devenir un designer au service de la politique. Par exemple, le citoyen ne peut être réduit à un unique chapeau d’électeurs, il faut prendre en compte ses besoins sociaux. Il est autant un usager profitant de la collectivité qu’un moteur de cette dernière.

Le but du designer de service est donc de permettre à tous de visualiser et suivre l’action politique, d’apporter une présentation claire de l’action politique et un suivi interactif de l’action. Nous sommes dans une ère qui veut inscrire de nouvelles valeurs : c’est la prise en compte de ces mutations de comportement qui feront la pertinence des services et les expériences citoyennes de demain. La politique veut repenser les services publics pour et avec les citoyens sous l’angle de l’innovation sociale et de la co-conception afin de mieux répondre aux attentes des usagers. C’est là que le designer intervient pour l’aider à mettre tout ça en place.

Dans son mémoire, Bastien Kerspern  argumente donc cette place qu’a le design auprès des politiques et des citoyens et sa visée créative : il faut savoir sortir des codes de la communication politique et du jeu de dupes que la politique introduit pour retisser un lien de confiance. Pour ce faire, le design de service doit viser deux aspects important : désirabilité et usabilité. En effet, la participation n’est pas naturelle, elle doit être suscitée et motivée avant de déployer tout son potentiel.

Si ce mémoire est intéressant, il reste assez théorique quand on n’est pas un féru de la politique. Je vous propose donc quelque exemple qui illustre l’actualité du propos que défend Batsien Kerspern.

Tout d’abord, comme bon élève, nous avons François Hollande qui sort un nouveau logotype.  On voit que le candidat a compris l’importance d’adapter son image à son temps. Je vous invite à lire l’article suivant : http://graphism.fr/franois-hollande-le-candidat-du-graphisme-logo-charte-ps-elections , qui présente l’ensemble de cette nouvelle charte graphique et y ajoute une courte analyse assez juste à mon sens.

Le site du Parti-Socialiste a lui aussi décidé de jouer la carte du design et arbore une nouvelle rubrique intitulée « mot-à-mot ». 

« Chaque semaine, retrouvez un nouveau numéro de «Mot-à-mot», le résumé graphique d’une semaine de campagne, la nouvelle web-série du PS. Chaque semaine, «Mot-à-mot» apporte un regard décalé sur la campagne du candidat-président sortant et des adversaires de François Hollande. Au programme, à 79 jours du premier tour: l’annonce de la TVA «sociale» et des éléments de langage qui vont avec, sans compter les hésitations de François Bayrou sur le sujet… ».

Je vous invite à vous rendre sur l’article qui m’a fait découvrir cette web-série : http://graphism.fr/aprs-hollande-cest-le-ps-qui-se-met-au-graphisme et sur le site lui-même : http://www.parti-socialiste.fr/articles/mot-a-mot-une-semaine-de-campagne-j-79.

Mais les politiques ne sont pas les seuls à user du desgin pour parler politique. Par exemple, arte surfe habillement (et de façon plutôt réussie) sur cette tendance avec une belle application web. En janvier 2012, la chaîne Arte diffuse a diffusé « I Love Democracy», une série de documentaires en sept volets, qui, je cite : « prend le pouls démocratique de la planète » . Cette collection de documentaires entendait dégager les enjeux politiques dans sept des pays susceptibles de changer d’équipe dirigeante en 2012 : la Tunisie, la Russie, l’Inde, la Grèce, les États-Unis, la Turquie et le Maroc.  Et comme chez Arte, ils ne font souvent pas les choses à moitié, cette série de documentaires est accompagnée d’une visualisation interactive de données, permettant de mieux comprendre le parcours démocratique de ces pays à la veille de leurs élections.

Et puis on peut s’amuser aussi un peu. Je vous propose de finir avec cette série d’illustration du design qui parle de politique avec une belle image réalisée par le “MDR” (Mouvement des Démocrates Réunis). Au travers cette infographie, vont est présenté le potentiel de “LOL” de chaque candidat aux élections présidentielles françaises de 2012. Vous allez donc pouvoir voter, je cite, “en connaissance de cause” !

Je finirai cet article en citant Geoffrey Dorne (dont je rejoins le point de vue) :

« En définitif, je sens poindre depuis quelques années un vrai renouveau du design d’utilité publique, du designer citoyen. (…) Ainsi, entre les projets comme « Give a Minute » , « Please Smile » , le hacking de la convivialité comme j’aime à l’appeler, ou encore hacking-citoyen,  les projets se concrétisent et sortent des sentiers battus. Continuons alors d’observer, de définir les enjeux, de prototyper et de produire des projets en ce sens ! » « Pour conclure, je suis très très très étonné mais pas dupe pour autant. En effet, le graphisme sert. Il sert un message, une idée, des principes et en période de campagne électorale comme en période de tout le reste, il faut bien être attentif à ce qui se cache derrière les couleurs, la typographie, l’iconographie et même la mise en page d’une image, d’une affiche… »

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