Sociologie d’un « curiositif ». Smartphone, code-barres 2D, et self-marketing

Franck Cochoy, professeur de sociologie à l’université de Toulouse II, réalise cet ouvrage en 2011.

Cet ouvrage a été réalisé suite à de nombreuses recherches, mais également grâce à un invité de l’université de Göteborg (Suède), et membre du CERTOP (Centre d’Étude et de Recherche : Travail, Organisation, Pouvoir)

L’auteur présente son intérêt pour « le curiositif », que l’on peut aussi qualifier de dispositif à curiosité, « petite révolution marchande » que l’on retrouve dans le code-barres 2D.

Son questionnement s’articule autour d’un dispositif de la curiosité due à la nouvelle société de consommation, société qui a évolué avec la venue de nouveaux objets. Il les nommera tout d’abord « machin » jusqu’à que ces objets aient un avenir fonctionnel et deviennent des « machines ».

On retrouve ainsi l’exemple de  l’histoire de l’évolution du chariot qui est tout d’abord pliable, jusqu’à l’évolution que nous en avons aujourd’hui. A travers cet exemple, il fait référence aux smartphones qui éveillent la curiosité grâce à leurs différentes applications et à internet qui permet de dévoiler toutes les informations que l’on peut retrouver sur ce code-barres 2D (le datamatrix). Ces dispositifs permettent une métamorphose de la société de consommation qui a alors un double effet.

Dans un premier temps l’apparition des smartphones accroît la vente par correspondance et la livraison à domicile, permettant ainsi de réaliser une comparaison des prix grâce aux « moteur prix », ce qui je cite a « hybridé le shopping traditionnel et l’économie d’Internet, et à fait ainsi passer le marché au creux de nos mains ». Le client n’est plus seulement passif, il devient actif.

Dans un deuxième temps il permet de rechercher des produits sur la toile et facilite le choix de la boutique dans laquelle nous souhaitons aller.

Dans cet ouvrage, Franck Cochoy alterne judicieusement entre essai théorique et étude de cas, ce qui lui permet d’émettre des solutions analytiques et concrètes. Il nous proposera donc de découvrir son dispositif sur le « curiositif » au travers d’un chapitre et consacrera par la suite plusieurs chapitres au datamatrix. On découvrira alors le prototype qui sera développé autour du marché du vin ainsi que de la façon dont un processus d’innovation dépend des réseaux d’interactions qu’il entretient avec un ensemble d’événements (les réunions de travail, le test de prototype, les focus-group) mais aussi le marché et les innovations techniques.

Ces recherches invitent les possesseurs de smartphones à utiliser le datamatrix, que l’on appelle aussi flash code en France et que l’on retrouve au Japon sous le nom de QR-code.

Au cours de ses recherches le professeur réalise de brèves expériences dans une salle afin de savoir quel type de cible répond à ce dispositif. Il implique à ses recherches différents groupes de personnes : des non spécialistes, des spécialistes du vin ou des nouvelles technologies, des jeunes et des moins jeunes, afin de savoir si ce « machin » objet, aura un avenir dans notre société comme le chariot avant. Il démontre que le chariot a vu une évolution et que grâce à cette évolution il a pu devenir un objet qui est pérenne et non éphémère, ce qui reste la grande question pour le code-barres 2D. Il découvrira autour de ces différentes expériences la curiosité de l’innovation qu’il y aura sur l’objet, mais aussi un échec sur ce que le datamatrix nous propose de découvrir, qui n’est au final pas très convainquant auprès de la clientèle ou des spécialistes viticoles.

L’une des participantes à l’expérience nous confie que cet objet a selon elle une dimension magique car on ne comprend pas son message sur le moment, on le décode grâce à un smartphone, même si les informations dévoilées ne sont pas toujours intéressantes.

D’autres ne voient pas le coté utile dans la pratique : lorsque par exemple on se trouve dans une grande surface, scanner toutes les bouteilles afin d’avoir toutes les informations de géolocalisation que l’on retrouve suite au décodage du datamatrix se révèle être trop long.

Si vous souhaitez avoir de plus amples explications sur le concept du QR-code, je vous invite à aller consulter l’article d’Amélie Rimbaud à l’adresse suivante : https://unmondemoderne.wordpress.com/2011/11/21/qr-code/.

L’auteur finit par conclure que le smartphone et le datamatrix restent pour l’instant des « machins », au sens d’objet dont la destination (plutôt que l’utilité) est problématique. Nous ignorons à ce stade leur capacité réelle à instrumenter des pratiques plus ordinaires, tournées moins vers eux-mêmes que vers ce qu’ils permettent de faire.

A ce jour, seul le temps permettra de découvrir si ce dispositif a de l’avenir et quelles mutations il aura à subir pour y parvenir. Mais pour cela il faudra d’abord vous munir d’un smartphone et d’en faire l’expérience par vous-mêmes.

Le propre de ce dispositif de la curiosité présenté ici nous montre un lien entre l’objet et l’humain car nous avons besoin de machine pour décoder ce que l’on ne peut voir. Je terminerai cet article avec cette citation qui exprime bien la curiosité : « Toute cette histoire de « curiositif » consiste finalement à savoir ouvrir – et bien sûr refermer ! -une porte avec grâce. ».

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