Street Ghosts

Depuis 2007, Google Street View est un nouvel outil très pratique pour se repérer et naviguer virtuellement dans les rues du monde entier, grâce à une technologie qui permet de fournir une vue de la rue à 360 degrés à partir de n’importe quel point donné de cette rue. Des voitures équipées de caméras quadrillent la ville, capturant tout sur leurs passages : panneaux publicitaires, animaux et passants inclus. Déjà controversé en raison d’atteintes envers la vie privée, le service prend soin de flouter le visage de personnes immortalisées par les caméras. Cependant, il est quand même possible dans certain cas, de reconnaître une personne à l’aide de ses vêtements ou en connaissant ses habitudes.

capture d’écran, navigation dans Google Street View

Paolo Cirio est un artiste hacker italien ayant déjà fait beaucoup de bruit en s’attaquant notamment aux profils Facebook ou en fabriquant des cartes de crédits contrefaisant l’argent virtuel. Il s’attaque à présent à Google Street View et nous fait réfléchir sur la présence sans permission de notre image sur le web, des questions de copyright et de vie privée. L’artiste reproduit à taille réelle des posters de silhouettes présentes dans Google Street View et les colle à l’exacte endroit ou la photo a été prise. Ses silhouettes, légèrement floues se fondent dans les murs, tel des spectres. La présence alors virtuelle capturée par les caméras de Google Street View devient réelle.

A droite, capture d’écran dans Google Street View d’une silhouette, à gauche l’affichage grandeur nature de cette silhouette à l’endroit exact où la capture à été faite.

A première vue, les spectres de Paolo Cirio ne se démarquent pas du street art qui les côtoie sur les murs de New-York ou de Berlin. Ses installations éphémères finiront par disparaître tandis qu’elles resteront à jamais sur le web. Mais une fois l’intention de l’artiste révélé, ses fantômes de rues démontrent les informations amassées par Google sans la permission du public : en effet, les images de ces individus sont accessibles publiquement sur internet et ce sans consentement au préalable. L’artiste réussit à renverser cette situation en détournant ces images sans la permission de Google et en les affichant sur les murs publics de la ville.

Ghost Street est un projet mêlant la technologie, l’information et ses limites. L’artiste espère que ses images spectrales susciteront chez les passants des interrogations : et si c’était moi ? Suis-je vraiment libre de mon image ?  Qu’est-ce que Google peut capturer d’autre sur ma vie privée ?

L’artiste italien avec ses allers retours entre le monde virtuel et le monde réel et sa critique envers Google accentue l’ambigüité de sa démarche en partageant l’album photo de ses installations à travers un Picasa Web Album. C’est un service qui permet de publier sur internet des photos stockées sur un disque dur d’utilisateur, lancé en 2006 par Google.

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