Vivrons-nous dans notre téléphone?

« iPhone Diorama » de Mike Ko

Passer du fixe au portable fut une révolution, notre vie privé en prend un coup tout comme notre porte-monnaie, être joignable partout à nimporte quelle heure,  il ne nous restait qu’à être consentent ou disponible à décrocher le téphone, mais ce n’était pas suffisant.

Le monde de la téphonie fait un pas de géant avec les Smartphones. 

Jadis, on se comparait les différentes options futiles qui nous semblait déjà assez importantes au point de rentrer en compte lors du choix du téléphone tel que le réveil (« il marche aussi quand tu éteins ton portable ? ») le Bluetooth ; snake ou pas snake ?… Le design et le poids ne variaient pas tant que ça, coulissant, à clapet ou normal, rien de vraiment vibrant. Mais les choses ont changé, le tactile c’est moderne et les écrans géants ça fatigue moins la vue. Nous pouvons désormais nous perfectionner grâce à ce petit objet qui prend malgré tout une grande place dans notre quotidien. Vous n’avez pas le sens de l’orientation ? Une application pour se repérer est déjà conçue gratuitement dedans, si vous souhaitez un GPS qui vous dicte la conduite tout est possible. Marre d’attendre le bus sans rien faire ? On choisit nos propres jeux à installer. Des réseaux d’applications proposent toute sorte d’options pour adapter le téléphone aux besoins de chacun. Il devient donc le reflet numérique de notre personnalité.

Dennis Rito réalise une série de photo appelé « unlimitxt » montrant la relation établie entre une personne et son portable. Nous pouvons voir l’attachement sentimental légué à l’objet qui nous relie à notre vie sociale. D’autres artistes traitent de cette relation, vous découvrirez certains exemples intéressants dans l’article de Myriam Boyer « L’homme et l’écran ».

Cet attachement virtuel créer une ambiguïté dans la relation aux autres via le téléphone. Certaines campagnes publicitaires réalisés par des agences tel que Rediffusion Y&R Gurgaon et  Mudra Group nous donnent un aperçu sur les risques et les incompréhensions de cette virtualité qui s’immisce dans notre présent.

« Ne téléphonez pas au volant » réalisée pour la compagnie de police de Bangalore et pensée par l’agence de publicité Mudra Group en Inde.

Campagne pour l’opérateur de téléphonie Airtel par l’agence Rediffusion Y&R Gurgaon en Inde

Nous nous perfectionnons donc en minimisant nos défauts et en se référant à ce petit objet qui nous tient la main constamment. La mutation du corps humain tel que nous la voyons dans les films de science-fiction est révolue, nous n’avons pas changé physiquement, tout est dans la poche. Cette hybridation humaine, d’un côté l’humain et de l’autre la machine, séparés mais unis tout dépends de la garantie. Cet espace personnel est seulement limité à une batterie qui défie toute concurrence de tenue. La mode joue des tours, la moindre amélioration deviens vite aux yeux du consommateur considérable et nécessaire. Plus plus plus, encore plus, être toujours plus performant pour faire moins d’efforts. Le téléphone devient un portail virtuel qui nous permet de voir et vivre dans deux mondes différents tout en restant au même endroit. Un exemple avec le travail de Terada Design qui recouvre la façade du « N Building » avec du code QR et ainsi permettant d’accéder à des informations complémentaires lisibles sur un téléphone mobile.

« N Building » par Terada Design

Cet objet prend une place considérable dans notre quotidien. Il nous facilite la vie car de sa petite taille on l’emmène partout et dès qu’on a besoin de quoi que ce soit on dispose d’une réponse accessible. D’ailleurs la guerre contre les portables s’entame en ce début de rentrée 2012 à l’école. Une loi voté pour l’interdire jusqu’au lycée de façon à préserver la santé des enfants. De même que lors des examens, le niveau des étudiants est faussé par les qualités technologiques de leurs portables. Joseph Tecce, professeur de psychologie au Boston Collège pense que «  les personnes qui utilisent leur portable chaque fois qu’elles se sentent mal à l’aise ou anxieuses face à un problème dépendent trop de leur appareil. Un tel comportement réduit éventuellement l’autonomie et l’estime de soi »

« Technomades » par Christophe Beauregard

Le portable est présenté comme étant le symbole d’un début d’indépendance et d’autogestion. C’est une façon de prendre en main sa vie et de moins dépendre des autres. Le portable est censé être un moyen de communication, la nouvelle génération se complaît dans une introversion où la virtualité devient réelle et omniprésente. Nous finirons donc cet article avec cette photographie de Christophe Beauregard qui nous résume efficacement la situation.

Pour plus d’approfondissement ou visiter d’autres notions autour de notre nouveau monde virtuel et ses effets secondaires voici un mémoire étudiant très intéressant réalisé par Caroline Robaglia

Publicités

2 réflexions au sujet de « Vivrons-nous dans notre téléphone? »

  1. « Il devient donc le reflet numérique de notre personnalité. »
    Ne serait ce pas plutôt une interface vis à vis du monde extérieur ?

    On peu aussi rajouter que nos ordinateurs ainsi qu’internet, aujourd’hui alliés à nos précieux téléphones, sont des éléments primordiaux de notre « survie ». Nous accordons d’autant plus d’importance à ces machines, que celles-ci deviennent l’objet d’une dépendance affective et sociale (mp3, gps, facebook parmis tant d’autres sont autant d’applications bien pratiques qui rendent nos machines indispensables. Cela demeure du domaine des loisirs, mais internet et le telephone portable sont aussi des outils de dépendance par rapport au quotidien : comment trouver un emploi sans téléphone ? Cela parait impossible à l’heure actuelle ). Le phénomène des « geeks » ,ainsi que les internautes des réseaux sociaux notamment, se forment un univers virtuel bien particulier, qu’il leur serait difficile d’abandonner. Pour les internautes avides de ces réseaux en lignes ( jeux vidéo et sociaux ), se débarrasser d’internet serait une manière de se couper du monde. C’est ainsi là que réside tout le paradoxe que l’on vit face au monde virtuel. Notre identité se déploît plus aisément sur la toile qu’IRL. Cependant, peu soupçonne les effets néfastes de son usage. Sans vouloir déclencher de la paranoïa ni de la polémique, le monde du web serait comparable au roman 1984 et à Big Brother. La géolocalisation nous confère une identité bien particulière, tandis que les publicités ( que l’on peu bloquer aujourd’hui grâce au plug-in Ad Block ) qui nous visent sur certaines pages, se basent sur nos recherches et nos sites visités. Tout ceci se réalise automatiquement. Internet ( et ainsi les machines/les robots ) nous donne une identité particulière, nous piste,nous observe, décrypte nos envies, et les moments privilégiés de notre vie. Il nous confère donc une seconde identité. Pour les curieux de savoir de quoi il s’agit et comment cela fonctionne, voici un ouvrage sur le ciblage publicitaire :
    http://www.iabfrance.com/?go=edito&eid=527

  2. Le téléphone est aujourd’hui un outils  » nécessaire », qui nous aide dans la vie de tous les jours. Comme le dit l’auteur de cet article, le téléphone est devenu un symbole de dépendance; beaucoup personnes ne peuvent plus s’en passer. On entretient de nos jours une relation particulière avec cet objet, c’est comme s’il faisait parti de nous même, on ne peut pas s’en détacher. Peut on parler d’amour dan ce cas la ? C’est la question qu’a étudié Spike Jonze dans son film « Her ». (http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19541325&cfilm=206799.html)

    C’est peut être un peu tiré par les cheveux de parlé d’amour, mais si nous évoquions que nous sommes atteint d’une maladie. Tandis que le nombre de téléphones portables continue de croître dans les foyers, une nouvelle dépendance se dessine aujourd’hui : la Nomophobie. C’est un concept né d’une étude étude conduite par laUK Post Office en 2008 et qui a révélé que 56% des utilisateurs de téléphones mobiles présentaient des symptômes d’anxiété en cas de perte, de mauvaise couverture réseau ou de batterie faible.

    Des tests on été réalisé, nous avons des résultats surprenants sur le pourcentage de nomophobe :
    les Italiens et les Irlandais: (75%)
    les Espagnols (66%),
    les Français (51%),
    les Allemands et les Britanniques (45%),
    les Suédois (43%)

    Et vous êtes vous nomophobe ?
    http://www.memoclic.com/test-de-connaissance/150-quiz-dependance-telephone-mobile/

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s