A créer du faux à quoi se heurte t on ?

Aujourd’hui, l’usage de la retouche photographique dans la publicité indéniable. La pratique ne date pas de hier et n’est plus un secret pour personne. Cependant les outils techniques évoluant, la chasse à la perfection aurait-elle prise une tournure trop importante ?

Le magasine Le Soir souligne d’ailleurs l’ampleur que prend ce phénomène, qualifiant l’année 2011 comme « l’année Photoshop ». Il revient sur la campagne de Benetton qui créa de faux baisers, le lieutenant John Pike qui est devenu malgré lui une star du même,  l’amputation involontaire et virtuelle du mannequin Amber Valletta dans numéro de janvier du Vogue US et les prouesses d’H&M qui rhabille Gisele Bündchen dans les pays arabes… Les images photoshopées mises à nues semblent lasser et subissent de violentes critiques.

Mais que leur reproche t on donc ?

Initialement, on justifiait l’usage de la retouche photo dans la publicité par sa fin commerciale. Et les acheteurs, bon public aimait fantasmer sur ses images parfaites. Cependant, peu à peu , le concept ne fascine plus et les anciennes qualités deviennent des défauts. L’idéal devient trop exacerbé et n’est désormais plus à portée de main. Le public se rebelle alors contre ses photographies dans lesquelles il ne se retrouve plus.

Cette création flash dénonce cela. On y découvre une jeune fille posant pour la couverture d’un magazine. Malgré que cette dernière soit jolie au naturel, le site vous propose de voir les modifications qu’elle subirait probablement pour être à la une d’un magazine de nos jours.

Le monde publicitaire est conscient de cette critique.  Fabien Barrau, retoucheur photo free lance spécialisé dans la publicité, explique à LEXPRESS.fr la déontologie et les limites de son métier.

Dans quels cas de figure fait-on des retouches photos?

Travaillant dans le secteur de la mode, je retouche les photos pour embellir les choses, c’est une activité proche du maquillage. C’est un artifice.

Avez-vous refusé certaines retouches photos?

Oui je refuse par exemple d’amaigrir les mannequins sur les photos lorsqu’on me demande d’aller trop loin. 99% des photos sur le marché sont retouchées. Les gens ne sont pas idiots. C’est pourquoi j’appelle les retoucheurs à faire attention. Il y a des abus notamment dans la beauté. Dans la pub, c’est la production qui décide alors que dans le cas de la presse, ce sont les rédacteurs en chef.

Existe-t-il une déontologie dans la retouche?

La retouche photo est un long débat. Dans les années 80, la retouche était beaucoup moins évoluée. Aujourd’hui, c’est un véritable outil de communication. Il faut questionner son utilisation. La retouche dans le champs politique n’est pas nouvelle. Les Soviétiques étaient des spécialistes des retouches et des montages photo en tout genre. Quand les gens disparaissaient, on les enlevait des photos. C’était un outil de propagande. Depuis, on a partout utilisé la retouche pour les affiches électorales comme travail de maquillage. Le problème aujourd’hui, c’est que les gens pensent que la photo est le reflet de la réalité. Il existe un sentiment de tromperie. L’essentiel, est d’être honnête avec les gens.

Mais l’honnêteté du monde publicitaire et sa capacité à se raisonner lui-même laisse à désirer. La  député Valérie Boyer proposa alors en 2010 un texte de loi pour limiter cette pratique : « Aujourd’hui, près de 100% des photos présentes dans les magazines de mode, féminins et même pour adolescentes, sont retouchées par ordinateur. Les rédacteurs en chef et les publicitaires travestissent la réalité pour obéir aux codes de la société. Mais ce n’est pas la réalité ! Je souhaite donc juste que l’on mentionne sur ces photos qu’il y a eu retouche. Cela peut être une pastille, un bandeau, un message… Mais je ne souhaite pas que l’on supprime ce genre de photos. Simplement que l’on avertisse le grand public, que ce qu’il voit n’est pas réel. »

Les réactions publicitaires ne sont font pas attendre. En mars 2010, le magasine Marie Claire propose un numéro 100% sans retouche (analysé ici par une bloggeuse de mode surnommée Vivi la Chippie). Certains arrivent même à retourner cette situation à leur avantage. C’est le cas de la marque Dove qui a crée la campagne publicitaire suivante , dont le slogan est « pas étonnant que notre vision de la beauté soit déformée ».

Cet vidéo connaîtra un réel succès sur la toile et sera reprise à des fins non commerciales cette fois ci.

En voici deux exemples :

–       campagne pour l’estime de soi

–        Et , vidéo ironique dont le message de fin est le suivant : «  Dieu merci notre vision de la vraie vie est déformée. Personne ne veut ressembler à quelqu’un de moche. http://www.campaign against real life.com ».

Dans le même style, je vous laisse apprécier cette fausse campagne publicitaire pour produit révolutionnaire : 

S’il est certain que l’utilisation du photomontage dans la publicité dépasse facilement le raisonnable, comment pourrait on limiter une pratique qui nous séduit malgré tout ?

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Une réflexion au sujet de « A créer du faux à quoi se heurte t on ? »

  1. Nous sommes accaparés par les images dans notre quotidien. La publicité garde une place très importante dans notre environnement de vie.
    Mais les images ne reflétant plus la réalité ont forcément des effets sur l’être humain. Notamment sur sa façon de penser.
    Ce qu’on trouve attirant est déterminé par les images qu’on nous montre sans cesse à longueur de journées. Nous ne pouvons pas y échapper, à moins de vivre retiré de cette société.
    Nous essayons alors de ressembler à ces images idéales et parfaites qui ont été retouchées et modifiées grâce à la technologie.
    On se rend alors compte que les images ont un effet réel sur le public, c’est pour cela qu’elles sont utilisées dans la publicité.
    On peut aussi parler de la propagande qui utilise des images destinées au public. Les affiches sont utilisées depuis longtemps pour rendre populaire un personnage politique important, pour diriger les pensées de la population vers certaines directions mais aussi pour recruter de jeunes personnes pour l’armée. On peut prendre pour exemple l’affiche de l’Oncle Sam. Si on analyse cette affiche de plus près on remarque que rien n’est laissé au hasard pour tenter de recruter.

    Le doigt pointé vers celui qui regarde cette affiche, est un doigt plutôt accusateur, il est pointé vers le jeune américain qui doit aller combattre pour son pays. Le personnage est vieux et porte un costume patriotique, il n’est pas le reflet du public visé mais au contraire, il est lui même trop vieux pour aller combattre et demande à d’autre de le faire à sa place. Le texte est aussi très percutant, il vise directement le spectateur. Cette affiche est marquante et ne laisse pratiquement pas de place à la liberté de choix, c’est une image forte créée pour faire réagir celui qui la voit.
    On voit là un nouvel exemple de ce qui peut marquer profondément le public. Le créateur d’affiches de propagande utilise des éléments qui captivent l’attention du spectateur, qui l’interpelle et sans doute le touche.

    Robert Pagès parle du modèle de communication. Il dit que « la communication suppose une source, distincte ou non d’un émetteur, qui code dans un message la signification de la source » (signaux acoustiques, vocaux, photographie, cinéma, écriture, gestes…). « Le message est ensuite transmis par un support matériel, ligne ou canal de transmission vers un récepteur, qui déchiffre ou décode le message dans l’état où il le reçoit et en tire ainsi sa propre version ou signification. »
    Nous voyons là que la communication est constituée de processus qui s’enchainent. Rien n’est laissé au hasard et la personne face à une image médiatique passera par différents stades de perception, réception pour finir par la compréhension.

    Sans un minimum de connaissances et de références, nous devenons les marionnettes de ce moyen de communication et de ceux qui l’utilisent donc.
    Les images actuelles puisent dans notre passé et il est donc nécessaire de connaitre et d’analyser ce dernier. Ces référents culturels sont importants pour
    les nouvelles générations, pour qu’elles ne soient pas dans l’incompréhension face à de telles images.
    Ce sont des proies faciles à la manipulation par l’image, qui est elle une excellente façon d’induire une idée de manière marquante. L’intervention de l’historien de l’art dans le monde de la communication iconique trouve alors sa place. Il devra faire l’éducation de celui qui regarde l’image.

    Nous sommes des êtres baignant dans les images.
    Ce n’est pas sans conséquences sur notre état psychologique, sur nos modes de vie et sur nos comportements.

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