Bim Badabim ******* Bim Badabadaboum

Quoi de mieux qu’une onomatopée pour présenter la performance sans titre réalisée par Thomas Royez lors du festival Gamerz 2012 ? Un laps de temps durant lequel cet artiste transgresse les interdits de son enfance pour réaliser un feu d’artifice domestique.

« L’art parfois, c’est simplement prendre le droit de faire ce qu’on n’avait pas le droit de faire lorsqu’on avait huit ans » Nous explique Thomas Royez ; et il nous faut en effet recouvrer l’âme de nos 8 ans pour apprécier l’œuvre à son paroxysme. Souvenons-nous de la dictature parentale visant à museler notre folie destructrice et éteindre nos délires pyromanes d’antan, souvenons-nous de notre amour des pétards et autre dangers fulminant, et surtout de notre désir d’exercer ce pouvoir au sein de la maison familial. Nous nous poserons tous cette question, ou se trouve le plaisir sans le danger, sans le risque de tout casser ?

Thomas Royez réalise dans sa performance une explosion visuelle et sonore. Après avoir organisé un nombre impressionnant de pétards de toute forme dans différentes prisons de verre reliées les unes aux autre par une mèche visco, il allume cette dernière qui se met alors à crépiter et à se consumer lentement, jusqu’au moment fatidique de la grande déflagration. C’est alors que se déploient de véritables feux d’artifices miniatures multicolores, car c’est ainsi que doit être une explosion pour un enfant, pas un simple dégagement de fumée accompagné d’un gros  « BOOM », non. Cet infime moment se doit d’être spectaculaire en esthétisme et en lumière, il se doit d’être merveilleux, de nous faire oublier un instant sa dimension destructrice pour ne se concentrer que sur sa beauté.

La dimension destructrice évoquée nous rattrape une fois l’explosion terminée, quand la lumière et la couleur ont laissé place à la fumée et à la suie. Quand les socles de verre dévoilent les traces des dégradations subies à contenir le fantasme pyromane qui a été le nôtre durant cet instant.

« C’est pour ce court moment qui est presque indéfinissable, qui commence et qui finit presque en même temps. C’est-à-dire que ça va vite. Que c’est intense et court, comme l’enfance. Et que ça peut virer au drame »  Nous rappelle Thomas Royez.  Et une fois cet instant passé, le calme revenu, alors que nous entrons dans la pièce qui a abrité sa performance et qu’une odeur de soufre empli nos poumons, il nous est révélé une sculpture modelée par notre folie, une sculpture minimal dans la lignée des travaux de Tony Smith, où nos socles de verre portent la mémoire de l’explosion de notre joie, une joie délicieusement destructrice.

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