1, 2, 3D ! La troisième révolution industrielle ?

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Depuis plusieurs années, l’imprimante 3D, cette machine incroyable, est utilisée par les professionnels et est en passe, depuis environ deux ans, de rentrer dans le quotidien de madame et monsieur tout le monde. Mais qui est-elle ? Et quelle est son utilité ?
Certains vont jusqu’à parler d’une troisième révolution industrielle, mais comment un tel objet peut bouleverser nos habitudes de production et de consommation ?
Après des années de stagnation, cette industrie devrait peser 5 milliards de dollars en 2020, selon le cabinet Wohlers Associates.

L’imprimante 3D est une imprimante capable d’imprimer un volume à partir d’un fichier 3D, en superposant des couches de matériau, comme le plastique le plus souvent, qui a été préalablement liquéfié. Une tête bouge pour créer les formes, tant dis qu’un plateau, portant l’objet, se déplace lentement du haut vers le bas au fur et à mesure de l’impression.

Elle est utile dans le cas on l’on voudrait tester la faisabilité d’un projet, la fiabilité d’un objet, observer ses défauts et éventuellement lui apporter des rectifications et améliorations. Utilisée ainsi par les architectes ou les designers par exemple, elle peut générer des prototypes. Des objets versions miniatures.

Le réel avantage pour les industries est celui du coût de production. En temps normal, elles se tourneraient vers la fabrication de moules pour la production d’objets. Mais un moule coûte très cher, il faut ainsi fabriquer un nombre considérable d’objets avec ce dernier pour que la production soit rentable.
Maintenant, grâce à l’imprimante 3D, plus besoin de moule, l’objet 3D généré par un logiciel est ainsi directement créé sans l’aide de moule. Donc inutile de se soucier du nombre d’objets produits, le coût de production ne dépendra plus de ce dernier. Ainsi, un seul objet pourra être fabriqué sans pertes.

Cet outil fantastique a inspiré les architectes. Constructeurs de notre environnement de vie, toujours à la recherche de nouveauté et de modernité.
Janjaap Ruijssenaars, 39 ans, du bureau d’architecte Universe Architecture d’Amsterdam a eu l’idée folle d’utiliser la technologie de l’imprimante tridimensionnelle pour fabriquer une maison.architLes éléments traditionnellement construits en béton seraient construits par l’imprimante et assemblés avec d’autres éléments en acier et en verre, qui constitueraient la façade du bâtiment. « Notre ambition est de construire la première maison imprimée », explique Janjaap Ruijssenaars : « Cette imprimante a déjà construit des objets d’art ou des éléments pour des récifs artificiels, mais ce serait la première fois qu’elle serait utilisée pour quelque chose dans lequel on peut habiter. »

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L’imprimante 3D s’avère être la meilleure solution pour ce projet. En effet cet architecte Néerlandais souhaite que son bâtiment soit en forme de bande de Möbius, une surface qui a la particularité de n’avoir qu’un seul côté, sans réel début ou fin.

Après le plastique, le chocolat ! L’Université d’Exeter, au Royaume-Uni a développé une imprimante 3D capable d’imprimer une sculpture constituée de chocolat.
Les japonais quand à eux scannent un visage, impriment un moule en plastique et font fondre le chocolat à l’intérieur.

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Le concept touche même le monde de la mode.
Deux robes créées entièrement grâce à des imprimantes 3D ont été présentées à la semaine de la mode à Paris cette année.
Un rendu impossible en temps normal avec les techniques traditionnelles, qu’on peut trouver plutôt futuriste et presque organique dans les formes.
La créatrice parle même de répercussion de cette méthode sur le prêt à porter dans les années à venir.
Voici une vidéo montrant une robe et les commentaires de la créatrice néerlandaise Iris van Herpen et de la chercheuse du MIT qui a collaboré avec elle, Neri Oxman.

Un vrai phénomène de mode puisqu’elles arrivent dans nos foyers. Avec une qualité inférieure à celles des industriels, des imprimantes 3D à un coût plus raisonnable peuvent être achetées par le consommateur.
Vous rêvez de fabriquer vous même de petits objets ? C’est désormais possible !
Choisissez la couleur de la bobine de plastique et c’est parti !

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Autre solution qui s’offre au consommateur, celle d’envoyer un fichier 3D à une entreprise spécialisée dans l’impression 3D ou bien tout simplement le télécharger sur le site de l’entreprise, le paiement se fait en ligne, et le client reçoit directement chez lui son objet. Le succès de cette nouveauté réside dans la personnalisation possible. On choisit tout, de la forme à la couleur. Nous n’avons plus l’objet de « tout le monde » il devient unique et c’est nous qui l’avons « fabriqué ».

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Cette formule fonctionne bien, selon le directeur de la société Sculpteo, car ils ont apporté la possibilité pour le client de choisir un fichier 3D parmi de très nombreux modèles créés par des designers. Le client n’a alors plus besoin de s’avoir manipuler les logiciels de 3D puisque sont à sa disposition des modèles prêts à être imprimés. Rien de plus facile alors.

Mise à part tous ces secteurs, la médecine s’est emparée de la machine, qui pourra peut être devenir la machine miracle pour parer à des problèmes liés au secteur de la santé.
Des médecins ont posés la première mâchoire imprimée en 3D sur un patient. «En utilisant des matériaux synthétiques et du phosphate de calcium, le corps peut se régénérer autour et la structure devient presque de l’os», explique Jennifer Lewis.
Grâce à l’action du scanner combiné à l’utilisation de l’impression 3D, les médecins peuvent surtout proposer du sur-mesure pour chaque patient. Plusieurs enfants handicapés peuvent désormais attraper des objets grâce à un exosquelette léger et ultra low-cost développé par l’hôpital Alfred duPont de Wilmington. Il peut facilement être réimprimé à mesure qu’ils grandissent.
Il est désormais possible de créer des tissus humains à partir d’une encre cellulaire.

Le chalenge maintenant est de créer un organe opérationnel. La difficulté réside dans le fait qu’il n’est pas encore possible de créer des vaisseaux sanguins afin de faire vivre les tissus. Pour Shaochen Chen, professeur de nano-ingénierie à l’université UCSD de San Diego «ce n’est qu’une question de temps » «Il n’y a pas de raison scientifique pour penser que c’est impossible. Nous arriverons à un organe complet.»
Une telle avancée pourrait permettre de répondre à une pénurie d’organes dans les années à venir.

Mais l’imprimante 3D ne s’arrête pas là, depuis peu, les scientifiques ont ajouté une 4ème dimension : le temps. Venant s’ajouter aux trois dimensions que l’on connait : la largeur, la hauteur et la profondeur.
L’objet une fois créé pourra évoluer dans le temps, changeant ainsi de forme, en se tordant, en agrandissant ou en diminuant sa taille.
« C’est une idée toute nouvelle dans l’imprimerie. Vous ne vous contentez pas d’imprimer des objets. Vous imprimez des objets qui se transforment en d’autres objets quelque temps après », précise Skylar Tibbits architecte, designer, scientifique et chercheur du MIT.
Pour arriver à créer des objets en 4D, Skylar Tibbits a travaillé avec Stratasys, une société d’impression 3D israélienne.  Cette collaboration pourrait donner naissance à une nouvelle génération d’imprimante.
Pour se transformer, les objets conçus par l’imprimante 4D ont besoin d’énergie. Les prototypes présentés par le chercheur utilisent l’eau comme énergie pour se métamorphoser. Cette quatrième dimension pourrait intéresser le secteur de l’industrie, selon lui. « Les objets pourraient également être activés et se transformer grâce à la lumière, la chaleur, l’électricité ou même le son », note Skylar Tibbits. Comme le note le « New York Times », « si cela devient possible, les objets en 4D pourraient devenir des structures autonomes ». « Par exemple, au lieu d’utiliser des pompes pour faire circuler l’eau, les tuyaux pourraient se dilater et se contracter afin de ‘pousser l’eau’. »
Les recherches sur l’imprimante 3D ne sont pas prêtes de s’arrêter là.

L’impression 3D signe peut être le début d’une 3ème révolution industrielle mais elle sauve surtout le Made in France puisque qu’elle permettra sans doute une relocalisation de la production, qui réside à l’heure actuelle en plus grande partie en Chine.
Mais on peut s’interroger dès lors sur les conséquences d’une telle invention, qui développera le made in home, en pensant que chacun pourra fabriquer ce qu’il veut…

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