« Poétique des codes sur le réseau informatique » de Camille Paloque-Bergès

« Poétique des codes sur le réseau informatique » est un ouvrage dont le but est de montrer les différentes fonctions, actions, utilisations et interprétations du code informatique dans différents domaines. Il s’intéresse essentiellement aux codes dans l’art, que ce soit la littérature ou l’art plastique. couv_livre

Son auteure, Camille Paloque-Bergès est une chercheuse et docteure en Sciences de l’information et de la communication depuis 2011. Elle débute des études en littérature comparée puis s’oriente vers le champ de l’information-communication.

Tout au long du livre, C. Paloque-Bergès ne donne pas réellement sa vision du code ou son avis. Elle s’appuie sur les dires et les écrits de chercheurs, artistes ou philosophes afin de montrer une vision générale et la plus large possible de ce qu’est le code et en quoi son esthétique et ses utilisations ont eu un rôle important dans le domaine de l’art.

Ce livre est en quelque sorte une énumération de vision du code, le lecteur passant d’une pensée à une autre.

Dans l’introduction, elle met en place le contexte et exprime quelques définition dont la plus importante : qu’est ce que le code informatique. Elle cite et explique la vision de certaines personnes comme Lawrence Lessig, un juriste américain et professeur de droit, ou Katherine Hails, une critique littéraire. On peut ainsi constater que son champ de recherche est extrêmement large afin d’avoir une définition du code et de son contexte allant plus loin que la vision de programmeur ou d’informaticien. Dans son introduction, elle crée des liens entre le code informatique et l’art en citant des critiques ou des artistes littéraires utilisant le code informatique comme base de travail. Cependant, elle explique que son travail dans cet ouvrage n’est pas seulement fixé autour du code informatique, mais aussi de code en temps que texte, comme elle le dit elle-même :

« J’ai ainsi essayé de présenter un champ conceptuel qui précède ou suit, influence ou s’inspire des textualités informatiques. J’aimerais, faire l’investigation des méthodes d’écritures où le code, d’abord informatique, mais possiblement linguistique et sémiotique, détient un rôle de premier plan dans la définition et la pratique de ces textualités. »

Une fois les bases posées, elle rentre plus dans les détails dans quatre chapitres, dont le premier « code comme générateur de texte ». Elle s’intéresse ici aux artistes génératifs, c’est-à-dire qui utilise une programmation, des algorithmes mathématiques et un protocole semblables à celui utilisé par les machines pour la lecture et l’écriture du code. Elle expose également l’histoire de l’art génératif en parlant des expositions importantes comme celle qui a eu lieu au Centre Pompidou en 1985 intitulée « Les Immatériaux ».

Dans un deuxième chapitre, elle parle du code esthétique, de sa qualité et de son visuel. Pour cela, elle aborde des sujets tels que The International Obfuscated C Code Contest (IOCCC) qui est un concours de programmation en code C récompensant les « Plus grand abus du préprocesseur C » ou « Comportement le plus incohérent. Ainsi, le code peut prendre la forme d’une image ou peut se modifier lui-même. Le code est alors incompréhensible et illisible. Il peut prendre une forme de train et dans l’environnement de la page et imprimer un « choo choo » lorsqu’il s’exécute comme le gagnant en 1986 du « meilleur arrangement sur la page ».

Gagnant du « meilleur arrangement sur la page » en 1986

Gagnant du « meilleur arrangement sur la page » en 1986

Un autre exemple abordé : le code Perl qui est de nombreuses fois utilisé comme poème. Sharon Hopkins écrit des poèmes en utilisant les règles du langage de programmation, cependant son code n’entraine aucune action.

Poème Perl de Sharon Hopkins

Poème Perl de Sharon Hopkins

Dans son troisième chapitre, « Des artisans aux artistes du code : du code-texte tactique au code-texte stratégique , elle aborde les enjeux politiques et les engagements des artistes grâce au code informatique.

Et enfin, dans son dernier chapitre, elle s’intéresse à la manière dont le code et sa pratique sont réappropriés par la littérature.

Tout au long de son ouvrage, l’auteure fait référence et cite des personnes et des travaux en rapport avec la poésie. Elle montre ainsi que le code informatique peut-être tout autre chose que des lignes de caractères  se suivant et formant des blocs sans formes.

Se livre regorge de noms, d’ouvrages et d’œuvres en rapport plus ou moins immédiat avec le code informatique et ses utilités. Il est surprenant de voir à quel point le code informatique peut influencer sur des domaines tels que la littérature ou l’art.

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