« Système DIY, Faire soi-même à l’ère du 2.0 » par Étienne Delprat

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Tout d’abord, pour comprendre le sujet, il faut déjà savoir de quoi on parle… Il faut donc nous demander : mais qu’est-ce que le Do It Yourself ?

Le DIY (« daille » ou « di-aille-ouaille » pour nos amis anglophones) est une appellation qui signifie littéralement « Faites-le vous-même » en anglais. Elle regroupe la plupart des activités visant à créer, par soi-même, des objets quotidiens, informatiques ou bien artistiques. On associe également à cette philosophie les activités permettant à chacun d’être acteur et pas seulement  consommateur. Par exemple les Fablabs, des ateliers mettant en commun des ressources et des gens autour d’un objectif ; ou bien les différentes manières de faire du recyclage. Ainsi, la création artisanale est une part importante du DIY en permettant à chacun de prendre en main les ressources disponible en se passant des systèmes de consommation classiques.

Eh non il n’est pas question ici de tutoriels destinés aux pré-ados pour faire ses propres bijoux ou pour s’essayer au scrap-booking. Dans cet ouvrage hybride il est plus question de relever les projets de gens qui cherchent des systèmes alternatifs et collectifs dans une société où la consommation et l’individualisme sont de mise. Cette boîte à outils (et à idées) tente de dresser un panorama non-exhaustif de l’univers du Do It Yourself et de ses nombreuses pratiques. De projets visant à la production de sa propre énergie, à l’apparition des licences libres, en passant par les ordinateurs à fabriquer soi-même, les ateliers collaboratifs ou Fablabs, les ressources gratuites et diffusables, les sextoys…  ce livre recèle des dizaines de projets inspirants et innovants  qui touchent à tous les domaines. Ici, il ne s’agit donc pas seulement d’apprendre à fabriquer des objets, mais d’abord d’essayer d’évoluer dans un monde où la collaboration, l’accessibilité aux technologies et l’ouverture des connaissances seraient des principes essentiels.

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Niveau visuel, vous ne pouvez pas le rater ! Paré d’orange fluo et d’un titre évocateur, vos yeux ne pourront esquiver une couverture simpliste qui cache une mise-en-page agréable et épurée. En feuilletant les 240 pages de ce catalogue, il est aisé de remarquer un principe graphique très simple mais efficace : des images en noir et blanc, avec des touches d’orange. Enfin un ouvrage qui ne privilégie pas le sens par rapport à la forme. Ce choix est peut-être discutable mais, en tout cas, il reste en adéquation avec le contenu.

 

Très bien organisé et augmenté de pépites surprenantes, l’artiste, le bricoleur ou l’activiste social trouvera son bonheur en s’inspirant de projets riches de sens et particulièrement adaptés au contexte actuel. Si cet ouvrage n’est pas un texte à lire du début à la fin, il est destiné à être picoré de temps en temps lorsque l’envie nous prend, laissant au lecteur la possibilité de vagabonder dans un univers bien documenté et argumenté.

 

catalogue des ressources  Les précurseurs du DIY apparaissent dans les années 1960-1970 avec les Hippies, utopistes en tout genre, punks, anarchistes, et autres militants à la recherche d’un système parallèle qui aurait pour but de remettre l’Homme au centre de la société. Il est à noter que le Catalogue de ressources – réalisé par Gérard AiméPatrice Aoust,  Marie-Paule Nougaret et Philippe Bone en 1975 – est le précurseur de Système DIY. Produit par le même éditeur quarante ans plus tôt, ce livre est un mélange de recettes diverses, d’adresses, de fiches pratiques, d’associations, de bibliographies et d’illustrations, réparties en 4 chapitres Nourriture, Vêtement, Transport et Habitat. Les auteurs avaient un intérêt commun pour les systèmes alternatifs, aussi bien technologiques que sociaux, et ont décidé de proposer des alternatives viables dans un monde en plein changement. Ainsi en 2014, les problèmes sociaux et économiques trouvant un écho dans cette volonté de changement, nous assistons un retour au fait-main à l’ère du numérique.

 

Pour en revenir au contenu de Système DIY, vous trouverez, entre autres :

–   Des textes écrits à plusieurs mains traitant de la naissance du DIY, de la nécessité de l’utilisation de licences libres ainsi que des enjeux que porte le DIY

–   Des ressources libres (Open source ou gratuites) comme le normographe Normotype qui permet de dessiner de la typographie, des livres d’artistes, etc…

interieur gauche–   Des projets collectifs mettant en avant la collaboration et la débrouillardise comme la fabrication d’ordinateurs à l’aide d’un bidon en plastique, ou le « bio digesteur familiale » permettant la méthanisation des déchets et de satisfaire la consommation quotidienne d’une famille en gaz (ci-contre)

–   Des recettes pour éviter de manger trop gras, trop sucré, trop salé

–   Un inventaire des imprimantes 3D, les modèles, les possibilités

–   Des projets artistiques mais pas que, jouant aussi bien avec le paysage urbain, les gens et les objets

Il me semble évident qu’il serait vain d’établir une liste complète de ce qui se trouve à l’intérieur. Cet article ne peut être exhaustif et ne peut définir toute la portée de cet ouvrage, ainsi je ne vous dirai qu’une chose : Faites-le vous-même !

 

D’autres ressources indispensables aux plus bricoleurs en électronique :

www.instructables.com (en anglais) – Une mine de tutoriels en tous genres. Des robots aux horloges lumineuses, tout y passe.

www.semageek.com (blog français) – Pour les plus geek. Pleins de tutoriels, vidéos etc…

http://makezine.com/ (en anglais) – Web magazine et organisateur de la Maker Fair. Electronique, ateliers, projets, art, design…

Fablab Inventory – Inventaire des fablabs en France : une carte Google Maps.

 


Coordonné par Étienne Delprat, aux éditions Alternatives.

 16,5 cm x 24 cm, 240 pages en bichromie, couverture avec rabats. 25

ISBN : 978-286227-803-2

Note sur l’auteur :

ETIENNE-DELPRAT-PRINCIPAL_0Étienne Delprat est architecte et artiste. Il collabore avec diverses institutions et créateurs dans le cadre de projets au croisement de l’urbanisme, de l’art et du développement durable. Il a également cofondé le collectif YA+K qui réunit de jeunes architectes, urbanistes et designers autour de projets qui questionnent et investissent parallèlement les champs de l’urbanisme, de l’architecture, du design et de l’action culturelle. Le collectif mène une recherche-action sur la question des villes en transformation à Ivry-sur-Seine au sein de l’atelier TRANS/305 dans le cadre de la démarche H.Q.A.C. Il est également intervenant à l’université Paris la Sorbonne autour des thématiques des pratiques alternatives et transdisciplinaires qui touchent à la construction de l’espace public et de la ville.

 Autre publication : Maisons en kit – Collection AnArchitecture, éditions Alternatives. 

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