Temporary Autonomous Zone

taz

New York, le 31 Aout 2004, à l’heure ou les républicains se réunissaient au Madisson Square Garden dans le cadre des élections présidentielles, un certain nombre de groupes organisés décident alors de court-circuiter l’évènement en organisant des contre conventions dans la rue. Les forces de polices sont sur les dents. Ces manifestants d’un nouveau genre, en grande partie adepte du TAZ, se réclament de la révolte des flibustiers et considèrent les lieux qu’ils occupent comme des zones libres et anarchiques.

Temporary Autonomous Zone (ou Zone Autonome Temporaire) est une dénomination introduite par Peter Lamborn Wilson dit Hakim Bey (signifiant « le sage » en arabe), dans son livre homonyme TAZ paru en 1991. Dans ses écrits, libre de droit, Hakim Bey mène une attaque en règle contre la société moderne. Il développe, sans même chercher à définir clairement ce qu’est une TAZ, le principe d’un espace restreint éphémère, proche de l’utopie pirate, qui défierait les lois du marché et le contrôle de l’état. Une TAZ peut se voir attribuer le terme de nomade car elle se déplace constamment afin d’échapper à la surveillance des autorités.

Ce livre est rapidement devenu culte dans les milieux underground, et a trouvé un écho auprès des utilisateurs d’internet, plus particulièrement chez les hackers. Ainsi, les principes que l’on peut associer aux TAZ sont toutes les actions et tous les éléments qui nuiraient au commerce habituel, que ce soit les logiciels libre de droits, les attaques contre les sites gouvernementaux et d’autres formes d’autorités, le développement de sites d’échanges communautaires comme Wikipédia ou encore l’avènement des sites Peer to Peer.

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Parmi les sites Peer to Peer suivant à la lettre l’idéologie pirate jusqu’à en faire référence au travers de leur logo, The Pirate Bay fait figure de référence indéniable. Crée en Suède en 2003, il fait figure de résistance contre toute réforme des droits d’auteurs à travers le monde. Il est d’ailleurs considéré comme le plus grand serveur torrent du web, recevant chaque jour la visite de plusieurs centaines de milliers de visiteurs.

Du point de vue informatique, le procédé du Peer to Peer (Traduction anglaise de « Pair à Pair ») consiste en un ensemble d’ordinateurs connectés les uns aux autres et qui se partagent les informations. Dans le cadre d’un fichier, si celui ci est transféré sur un réseau Peer to Peer afin d’être partagé, ce dernier va voir ses pièces se faire transférées individuellement de poste en poste (ou de client en client). Il suffit alors que le distributeur originel envoie une copie du fichier pour que chaque client du réseau en reçoit une copie. Ce système, ou l’information est dispersée puis innombrablement dupliquée et conservée en diverses endroits, est difficilement localisable et attaquable, ce qui permet de conserver un flux constant d’échanges de données, quelque soit les attaques.

En dehors du web, les serveurs ont subi de très nombreuses migrations internationales afin d’échapper à la justice. C’est en Janvier 2007 que le plus gros coup médiatique à ce sujet s’est produit. The Pirate Bay avait alors tenté de racheter suite à un appel aux dons de 2 000 000 de dollars américain la principauté de Sealand, une micronation non reconnue par les nations unis située sur une plateforme militaire au large du Royaume Uni. Cette transaction n’aboutira pas. Le serveur torrent se doit par ailleurs de renouveler constamment ses différents noms de domaines en fonction des fluctuations de la justice auquel le nom de domaine est rattaché. Ainsi, en début Décembre 2013, le nom de domaine thepiratebay.sx hébergé sur l’ile de Saint-Martin fut saisi sous la pression du BREIN (association hollandaise pour la protections des droits de l’industrie), c’est alors qu’en l’espace d’une semaine, The Pirate Bay transféra son nom de domaine au Pérou, puis en Guyane avant de retourner en Suède.

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Malgré l’interdiction au Royaume Uni, en Irlande, en Finlande, en Iran, en Corée du Nord, au Pays Bas, en Belgique, au Danemark et en Italie, The Pirate Bay continue de défier, tant et si bien que sa seule activité ininterrompu depuis sa création est un véritable pied de nez à l’industrie de droit et aux cadres du commerce.

Cet état d’esprit directement inspiré des Temporary Autonomous Zone est une guerre permanente, un jeu et de la souris qui rappelle les paroles de Hakim Bey dans l’émission Tracks Spécial Pirates passé sur Arte: « Le plus grand Jihad, c’est le combat que l’on mène sur soi même, et sur son environnement immédiat. A plus grande échelle, on peut considérer le Jihad comme une révolution permanente, omniprésente, et qui perdure sous une forme ou une autre. C’est ce que j’entends par « Jihad » ». Une révolution permanente qui n’arrêtera pas de secouer le web 2.0.

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