Identités Virtuelles, les profils des utilisateurs du Web 2.0

Depuis quelques années déjà, avec l’apogée des réseaux sociaux, des MMORPG (Massively Multiplayer Online Role-Playing Game ) et des CMO (communication médiée par ordinateur) notre comportement en ligne s’est transformé peu à peu. Progressivement, sous ces différents supports, notre identité virtuelle s’est construite, et Fanny Georges, Maître de conférences en Sciences de la communication à la Sorbonne, dans son livre, Identités Virtuelles, Les profils des utilisateurs du Web 2.0 tente d’en dresser les différents profils à travers une réflexion approfondie.

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Le Web 2.0 est l’évolution du web premier du nom, qui tend à faciliter son emploi pour l’utilisateur en ligne, et cela grâce à une interface toujours plus instinctive d’utilisation et interactive. Avoir un minimum de connaissances n’est plus indispensable, et n’importe qui peut aujourd’hui évoluer de sites internet en sites internet avec simplicité. Créer un personnage en ligne, son compte social sur Facebook ou Twitter, ou bien discuter en messagerie instantanée avec un interlocuteur à distance sur MSN devient de l’ordre des banalités. Communiquer en ligne est devenue une habitude et complète l’identité physique pour finalement muter avec cette dernière. Quelle influence cela a t-il sur nous et notre manière d’agir et de penser ? L’identité virtuelle est alimentée par les TIC (internet et les Technologies de l’Information et de la communication), insatiables. Ce pourrait-il que ces dernières nous manipulent, alors que désormais, on cherche de plus en plus à exploiter et maximiser les compétences de notre expansion virtuelle à l’aide de livres et de guides eux mêmes portés sur le sujet ?

A partir de là, plusieurs axes principaux émergent progressivement, notamment avec la mise en avant de plusieurs profils que l’on retrouve chez les utilisateurs coutumiers d’internet. Ces derniers, dans cette démarche de création, cherchent une nouvelle façon de communiquer avec le monde et donc les gens qui les entoure. Comment ? Les interfaces simplifiées et instinctives du Web 2.0 permettent de plus en plus de se représenter à l’écran. Des formulaires d’informations à remplir, une adresse mail, une citation, un avatar… Plusieurs possibilités s’offrent à eux, ces adolescents, ainsi que la Net génération (18 à 35 ans), ou bien encore la génération X, population un peu plus âgée dont le processus identitaire va être impacté à l’aide de ces nouveaux outils.
Le désir d’aller vers l’autre, dialogue facilité par l’écran, façon de se réconcilier avec son égo peuvent être les causes de la création de ces profils, lorsque certains n’y trouverons qu’un moyen supplémentaire d’utiliser des websites qui faciliteront leur quotidien.
Qui ne se reconnaîtrait pas dans l’un de ces profils, à l’heure actuelle, dans le livre de Fanny Georges ? Si ce n’est pas le cas pour tous les lecteurs, qui se sentent moins concernés par le phénomène, une meilleure compréhension leur est ainsi offerte, eux qui n’ont pas évolué avec une technologie aussi poussée, faute à l’évolution des mœurs, d’un certain point de vue.

En effet, il nous est expliqué comment ce processus identitaire s’hybride entre le numérique et la vie de tous les jours et cela sur plusieurs plans : on parle encore de la jeune génération mutante avec des objets qui font partie d’eux désormais, comme l’ordinateur, le téléphone ou le MP3 qui sont là leurs nouvelles méthodes de socialisation. On le retrouve également dans cette multitude de profils créés sur le net, générant plusieurs facettes de personnalités différentes, lorsqu’on trouve une page personnelle Facebook d’un individu, qui sera tout de suite moins conventionnelle que son profil professionnel sur LinkedIn. Il en va de même pour les différents pseudos utilisés sur la toile où Lisa Martin, dans notre exemple, pourra être retrouvée sous les noms de Lisa.Martin dans un cadre sérieux, Lisa92 sur des sites dont elle n’a une utilité moindre ou bien encore CandyLollipop dans des jeux en ligne où elle reste cachée derrière cette appellation. Là encore, une personne s’identifiant à ce type de discours ne peut que se sentir concernée par ces sujets qui sont totalement d’actualité.

L’auteur propose d’expliquer par la suite l’identité virtuelle par le biais de différentes métaphores. Elles sont elles-mêmes ce qui constitue les greffons de cette identité. Cela est moins évident et plus complexe à cause de métaphores perdues dans d’autres métaphores. Si certaines explications demeurent compréhensibles grâce à une connaissance dédiée à ce sujet, on peut avoir parfois tendance à se perdre au milieu de ces chemins divers et variés qui se croisent sur internet.

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On retient toutefois la mise en avant du Web 2.0, ce web social comme il est également appelé, qui a largement bouleversé notre vie, et réelle, et virtuelle. Désormais on comprend que dans la majorité des cas, tous deux évoluent ensemble, dans une mutation permanente. Les attitudes ont à présent changé, tout comme la vie de tous les jours, comme on peut le constater avec la dernière génération, éduquée à l’ère d’internet et des différents réseaux sociaux. Quels résultats cependant cela provoque t-il chez l’être humain, qui, avec les différentes empreintes qu’il laisse sur internet, ne serait en train de laisser exploser cette identité ? Le dédoublement de personnalité parait inévitable. Pour autant, pouvons-nous vraiment parler de destruction identitaire ? Effectivement ce procédé se révèle être cathartique pour de nombreux utilisateurs qui vont transposer ces conséquences numériques dans leur vie physique. Après tout et d’une certaine manière, ils ne font que reproduire les différents masques qu’ils portent au quotidien, qui seront différents s’ils passent un entretien d’embauche où s’ils se retrouvent en compagnie de leurs amis le temps d’une soirée. Les identités virtuelles deviendraient alors le prolongement de ces utilisateurs qui décideraient eux mêmes de leur apparence. Sous la tutelle de ce contrôle qu’ils exercent et qui se révèle être rassurante, cela leur permet de mieux se connaître eux mêmes, de se « révéler ». Le tout étant par la suite de savoir équilibrer les comportements à l’intérieur de l’écran, et ensuite à l’extérieur, pour proposer la meilleure cohabitation possible entre ces deux environnements. Il ne faudrait pas laisser le numérique créer un terrain dominant où l’internaute se retrouverait perdu dans cette dimension virtuelle, oubliant alors le monde concret où il est également condamné à évoluer.

A cette époque où l’évolution est constamment en train de progresser, tout porte en effet à croire que ces états de fait vont encore être amenés à changer et à se transformer. Quelles seront les nouvelles craintes, mais également, les nouveaux espoirs face à ces prochains bouleversements ?

Informations complémentaires :
L’identité vue par Dominique Cardon

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