L’affaire Marc L.

A une époque où les réseaux sociaux font partie de notre quotidien, laisser sa trace sur internet devient de plus en plus facile pour celui qui n’est pas assez précautionnetigre_blancux. C’est par ailleurs ainsi qu’est né le premier Portrait Google, il y a de cela quelques années à présent, celui de Marc L. Ce dernier a eu la bonne (mauvaise) surprise de voir un article paraitre à ce sujet dans le magazine Le Tigre.

Le portrait de Marc L. (qui est consultable ici) a été dressé grâce à la multitude d’informations personnelles qu’il a laissé sur internet via différents réseaux sociaux, tels que Flikr ou Youtube, mais également grâce à des recherches sur Google. Article d’abord publié avec son vrai nom, celui ci sera par la suite modifié à sa demande afin de préserver son identité. Assez ironique lorsqu’on sait que tout ce qui a été trouvé était consultable en ligne où presque, donc déjà sous le nez de tous. Pour autant, la dimension se transforme lorsque les éléments placés bout à bout permette de dessiner une personne réelle, qui a transposé sa vie à l’écran de façon un peu trop étendue.

Outre le véritable déchainement que cela a provoqué sur internet et via les médias qui n’ont fait que révéler un peu plus l’affaire, cette histoire soulève plusieurs questionnements. Les internautes peuvent-ils être les victimes d’une personne mal intentionnée à la recherche d’informations sur quelqu’un sur internet, où bien deviennent-ils les propres cibles d’eux mêmes en divulguant photos et vidéos ?

C’est après tout toute la problématique qui tourne autour du sujet de Marc L. Il sera en effet rapidement conclu que cet individu a été « traqué » sur le net. Il perd totalement le contrôle dès lors que plusieurs tiers s’emparent du sujet. Ce seront les journalistes les premiers qui emploieront ce terme ainsi que d’autres synonymes. Cependant, plus que le magazine originel, ne serait-ce pas ces derniers qui sont à l’origine de ce déchaînement médiatique, entretenant un début de psychose transformée et modifiée, bien qu’au départ basé sur un semblant de vérité ? En effet, peut-on encore parler de traque quand il n’y a pas eu désir volontaire et malsain de chercher des informations sur un individu ? Lorsque ces dernières on été volontairement proposées par celui-là qui les a lui-même publiées ? Outre la tyrannie du buzz qu’ils ont tendu à générer, plus qu’une vague de paranoïa de la part des internautes, c’est une remise en question qui devrait s’opérer. Car en effet, tout internaute est soumis à la question du choix des informations qu’il souhaite divulguer ou non sur la toile, et devient averti lorsqu’il s’exerce à cette nouvelle activité qu’est l’expansion de sa vie privée. Des permissions ont par ailleurs été créées sur les différents sites pour cela, et leurs conditions d’utilisations, qui les dédouanent de toute responsabilités, en cas de problèmes, en attestent. A partir de ce constat, tout ce qui est laissé public sur le net est visible des yeux de tous, et par la même occasion, facilement accessible, car se sont là les libertés de la promenade sur internet.

Qu’en advient-il alors de la vie privée ? Comme dans le monde de tous les jours dans lequel nous évoluons, nous nous devons simplement d’être attentif. Effectivement, le flux continuel qui existe sur la toile, donne rapidement ce sentiment d’être un anonyme parmi les autres anonymes. Qui irait chercher une aiguille dans une botte de foin ? Cela devient pourtant plus facile lorsque cette aiguille se cache derrière un nom et devient alors largement identifiable. Pas facile de s’en rendre tout de suite compte, il en convient, et c’est là que « Marc L. » en a après tout fait l’expérience. La prise de conscience s’opère lorsque l’impalpable devient concret en faisant la une des journaux. Ce qui est arrivé à l’un peut arriver à n’importe lequel d’entre nous. Pourtant, c’est à nous-même, dès le départ de garder la main mise sur notre identité numérique en ayant tout de suite le bon geste, en décidant de partager son contenu avec seulement une poignée de personnes, ou bien en ne le postant simplement pas. Cela revient de la même manière, à ne jamais divulguer son code de carte bleue.

Nous pouvons quand même être en droit de nous interroger. Jusqu’où peut-on aller désormais, lorsqu’on sait que nos propres actions peuvent se retourner contre nous, pour peu que notre chemin croise celui d’un internaute avec certaines idées derrières la tête ? Pouvons nous vraiment l’accuser de violer notre intimité, qui a en premier lieu été dévoilée par nous, même de façon disséminée ? Les avis restent divergents, bien qu’il semble difficile de porter des reproches, ce qu’admettra lui même Marc L. qui affirmera que ces informations étaient visibles part n’importe qui. Le seul jugement à ce jour qui soit prononcé est celui des valeurs d’éthiques, propres à chacun.

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