Bruce Nauman

Bruce Nauman est un artiste américain né en 1941 à Fort Wayne. Il a effectué des études de Mathématiques à l’université du Wisconsin, puis d’Art par la suite à l’université Davis en Californie. Assez tôt il a réalisé sa première exposition, en 1966 à Los Angeles dans la galerie de Nicholas Wilder, où il y exposa principalement des sculptures en fibre de verre.

Bruce Nauman

Les festivals artistiques ont été particulièrement importants dans l’évolution et la reconnaissance du travail de l’artiste. Les festivals sont devenus le rendez-vous incontournable des amateurs d’art. Selon le magazine The Art Newspaper, il y en avait 3 en 1970, puis 36 en 2000 et ils ne sont pas moins de 288 en 2013 (désormais présents de Miami à Hongkong en passant par Dubai). « Pour beaucoup d’acheteurs, aujourd’hui, l’art est une fête, avec son tourisme, ses mondanités » analyse la conseillère Patricia Marshall. « Sur les foires, on vient avant tout exhiber son statut social. »

C’est par la liste des documentas, des biennales et des expositions les plus importantes de l’artiste, que nous pouvons nous rendre compte de l’évolution de son travail au sein de sa pratique artistique, mais aussi de sa reconnaissance artistique grandissante au fil des années.

Bruce Nauman est probablement l’une des figures les plus déterminantes de l’art contemporain. En effet, il est inclassable tant sa production est riche et diverse. Il se définit comme un artiste qui agresse le spectateur, qui cherche une réaction de ce dernier ; il dira en parlant de son art : « Je veux qu’il soit véhément et agressif, parce que cela oblige les gens à y prêter attention ». Cette recherche d’attention couplée à une richesse artistique hétéroclite nous permet d’avoir à l’idée plusieurs exemples de ses travaux qui sont assez différents mais qui ont toutefois une certaine unité : que cela soit des projections de visages démesurés hurlant dans une salle obscure, des figures en néon pornographiques ou même des jeux de mots triviaux et lumineux.

Dans les années 60, Bruce Nauman réalise des performances vidéo, on peut penser notamment à son obsession des gestes répétés à l’infini, thématique qui devient la base de la technique corporelle de Bruce Nauman, grandement influencé par les chorégraphes Merce Cunningham et Meredith Monk. Cela nous rappelle par exemple Slow Angle Walk (1968-1969), où dans l’enregistrement vidéo l’artiste se déplace lentement durant une heure dans le but unique de franchir l’angle droit d’une ligne verticale à une ligne horizontale dessinées sur le sol. Par ces moyens-là l’artiste se met à l’épreuve, tout en gardant une certaine distance amusée, on peut penser par exemple à Self-Portrait as a fountain où il se montre nu crachant de l’eau par sa bouche (ceci étant à l’époque un hommage à Marcel Duchamp).

Bruce Nauman ainsi que Vito Acconci sont deux artistes qui présentent le corps comme « donné fondamental », et ils s’inscrivent tout deux de cette façon dans l’art corporel de François Pluchart en 1974. En effet « Le plaisir, la souffrance, la maladie, la mort s’inscrivent en eux…« .

L’artiste utilise également de plus en plus durant les années 1970-1980 des néons colorés parfois en formes de personnages, et réalise des mots, des anagrammes et rébus en utilisant des matières premières, son travail faisant référence parfois à des scènes violentes ou des mises en scène sexuelles; on peut prendre l’exemple très connu de Human, Need, Desire (1983) pour illustrer cette pratique presque systématique à cette époque.

À partir des années 90, Bruce Nauman, dans un retour à ses anciennes performances centrées sur son corps et des gestes à répétitions, réalise des installations vidéo et sonores très abouties, comme le film de son atelier en infrarouge et diffusé sur 7 écrans nous permettant de renouer avec l’univers de l’artiste.
Dans son installation
Raw Material – OK, OK, OK l’artiste nous présente par le biais de trois canaux différents (grâce à deux télévisions et une projection murale), son visage en gros plan tournant sur lui-même et répétant en continue les deux lettres « OK« . Ces répétitions donnent de l’intensité à l’oeuvre. De plus, la contextualisation peut nous rappeler en quelque sorte l’esprit du théâtre de Beckett, ce qui donne à l’oeuvre quelque chose d’absurde. Cela a également un effet particulier sur le spectateur, qui observe son art, qui est généralement avec une violence calculée. Comme de nombreuses vidéos de Nauman, celle-ci est destinée à être diffusée en boucle, prenant le spectateur au piège. Ainsi on peut dire que quelque part le regard du spectateur est en quelque sorte piégé par des installations multimédias.
Puis, courant années 1990 il réalisera des sculptures-moulages de parties du corps, comme par exemple
Fifteen Pairs of Hands (1996).

Avec Bruce Nauman, l’installation devient vidéo et la caméra revêt une fonction de surveillance. En effet, l’artiste avec des caméras et des moniteurs, met à l’épreuve la perception du visiteur à l’égard du temps et de l’espace.

Bruce Nauman à travers son œuvre s’intéresse principalement aux thématiques de la vie, de la mort, du plaisir et de la douleur, en s’attardant surtout sur les notions du corps et sur celles liées à l’identité, à la fonction du langage, à la perception de l’espace, aux processus artistiques, et à la participation du spectateur.

Il s’inspirera grandement du monde de la danse, de l’expression du corps en mouvement sur une musique plus ou moins rythmée. Il est sensible à l’œuvre : de John Cage dont on retrouve l’influence dans certaines pièces sonores qu’il réalisera. Il s’inspirera également des œuvres de l’écrivain Samuel Beckett et de celles du compositeur Karlheinz Stockhausen.

Comme l’a dit Bruce Nauman dans une de ses citations :

« Fondamentalement, mon œuvre est issue de la colère que provoque en moi la condition humaine. Ce qui me met en fureur, c’est notre capacité de cruauté, la faculté qu’ont les gens d’ignorer les situations qui leur déplaisent. Ce qui me fascine aussi, c’est de voir comment la colère ordinaire, et même la haine que l’on peut ressentir pour quelqu’un, se transforme en haine culturelle. »

Nauman a été pour mon travail une vraie inspiration comme de tout temps les artistes ont été inspirés par leurs pairs, mais au delà de ça, mon travail n’est pas une continuité mais bien un clin d’œil. En dépit de grandes différences entre son travail et le mien, nous avons tout de même de nombreux points de communs. Effectivement, il m’a beaucoup aidé dans ma démarche créative. Bien que lui nous parle d’avantage de l’homme dans son travail, et la mienne de la machine, ma problématique tourne tout de même dans ce rapport entre l’homme et cette machine pour crée un dialogue.

01 Slow Angle Walk 1968

02 Self-Portrait as a fountain 1966

03 Human / Need / Desire 1983

04 Fifteen Pairs of Hands 1996

05 Seven Figures, 1985

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