Ghost in the Shell

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« Un homme qui reste homme, mais se transcende lui-même en déployant de nouveaux possibles de et pour sa nature humaine » déclarait l’auteur transhumaniste Julian Huxley. «Il est maintenant temps de s’affranchir de ces limites et de ces restrictions, et de s’élever à un niveau supérieur…» y répond le Puppet Master, personnage issue de l’imagination du mangaka Masamune Shirow ; pour le comprendre, je vous emmène dans sa fiction.

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Mais avant de comprendre son univers, considérons l’homme derrière le crayon. Né à Kobe (Japon) en 1961, son nom « Masamune Shirow » est un alias, un pseudonyme : Masamune était un célèbre forgeron japonais du XIVe siècle – il a d’ailleurs donné des noms de sabre à certains de ses personnages (Kusanagi)- , Shirow se décompose en : shi (samouraï) et row (jeune homme). Fortement influencé par le cyber punk – mouvement apparenté à une dystropie, il prend place dans un futur proche avec une société technologiquement avancée, souvent violent et pessimiste ; Shirow a remporté le prix Seiun Sho, équivalent nippon du prix Hugo, récompensant les meilleures œuvres de science- fiction.

Alors que la plupart rêvent d’un futur utopique, avec de gentils êtres cybernétiquement améliorés vivant d’amour et de liquide de refroidissement ; Masamune Shirow tente de nous faire redescendre de notre nuage avec la création d’univers cohérents (culturellement, scientifiquement et politiquement vraisemblables). Exit les buildings scintillants, les rues où on dirait qu’il fait toujours beau et l’inexistence de conflits. Nous voilà propulsés dans le Hong-Kong de 2029, son paysage urbain disjoint et surpeuplé fournit un décor parfait à la science-fiction du « futur noir » (on vous avait bien dit que c’était du cyber punk) ; le monde qu’il nous dévoile est pollué, violent, la misère y côtoie la technologie de pointe.

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Évidemment fidèle à nos fantasmes (et sûrement aux siens aussi) la limite entre l’homme et la machine est floue : les individus ont de plus en plus tendance à se fier aux implants cybernétiques – ces implants permettent d’accéder à une évolution du réseau internet – et les premières intelligences artificielles dépassant les capacités humaines font leur apparition.

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Là se pose l’intrigue : Nous suivons le Major Makoto Kusanagi (travaillant pour la section 9, une unité anti-terroriste du gouvernement) dans la traque d’un cybercriminel connu sous le nom de « Marionnettiste » (Puppet Master). Ce cybercriminel prend le contrôle de l’esprit d’un humain par l’intermédiaire d’Internet.

Les deux axes importants de ce film d’animation sont les deux personnages principaux, soit le major Kusanagi et le puppet master.

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Le major Kusanagi n’est pas qu’une femme «badass» qui ne fait que se battre ; elle à un corps entièrement cybernétique, et seul son cerveau est resté humain. Les scènes d’actions s’alternent avec des moments de méditation sur le contexte social, politique et des moments d’introspection quand Motoko s’interroge sur ce qu’elle est : «Des fois je me demande si je ne suis pas déjà morte et si ce que j’appelle « moi » n’est pas en fait qu’une personnalité artificielle faite d’un corps mécanique et d’un cyber-cerveau.»

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Au fil de l’histoire le puppet master s’avérera être une forme de vie née spontanément du réseau lui-même par agrégations d’informations et ayant acquis, pour la première fois au monde, une conscience. Son désir n’est pas de se dupliquer à l’identique comme un virus, mais d’évoluer, de donner naissance à une nouvelle forme de vie. C’est pourquoi il sollicite Motoko Kusanagi pour fusionner leurs ghosts (l’équivalent de l’âme et de l’esprit) et ainsi créer un être nouveau et unique, un individu somme de ses géniteurs.

Avec ses personnages, l’auteur montre la complexité et les risques de telles avancées technologiques, il traite la philosophie de son œuvre sous forme de problématiques : Qu’est-ce qui distingue l’être humain d’un robot pensant ayant conscience de son existence ? Quelle est la définition exacte d’un être humain dans une société où l’esprit peut être copié et le corps remplacé par une forme de synthèse ?

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