L’immersion sensorielle et relationnelle

Scenocosme : Grégory Lasserre & Anaïs met den Ancxt

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Scenocosme est un duo artistique, composé de Grégory Lasser (Cursus master multimédia) et d’Anaïs met den Ancxt (cursus beaux arts.) Ils vivent en région Rhône-Alpes en France. Ces artistes basent leurs créations sur un mélange mesuré et mélodieux d’art visuels, technologiques et auditifs, tout en y intégrant une dimension interactive. Cette dimension sublime leur expression pluridisciplinaire qui englobe l’espace, le spectateur et la technologie, les inscrivants de cette manière dans la lignée des artistes technoromantiques : installations interactives, art plastique, art numérique, art sonore, performances collectives etc.

“ La nature nous s’inspire, et puis, pourquoi est-ce que nous travaillons dans l’art numérique ?  Parce qu’aujourd’hui grâce à ces outils là, il y a vraiment tout à inventer en termes de création et nous, on utilise vraiment les objets technologiques pour les détourner de ce pourquoi ils sont fait.’’ — Scenocosme
akousmaflore_scenocosme_3

Akousmaflore (Végétaux musicaux sensibles et interactifs)

Ils détournent diverses technologies pour créer des oeuvres d’art contemporaines. Ils développent la notion d’interactivité, par laquelle l’œuvre existe et évolue grâce aux relations corporelles et sociales des spectateurs. Ils réalisent d’étonnantes hybridations entre technologies et éléments vivants ou naturels (végétaux, humains, eau, bois, pierres). La plupart de leurs oeuvres interactives perçoivent diverses relations invisibles entre les corps et l’environnement. Ils rendent sensibles les variations énergétiques infimes des êtres-vivants en proposant des mises en scène interactives où les spectateurs partagent des expériences sensorielles extraordinaires.

Ne serait-il pas plus passionnant que ce soit au spectateur de co-créer avec l’artiste?

Akousmaflore est un jardin composé de véritables plantes musicales réactives à nos frôlements. Chaque plante s’éveille au moindre contact humain par un langage, un caractère sonore. Sensibles à notre énergie électrostatique, les plantes réagissent au toucher et à notre proximité. Ainsi, lorsque les spectateurs les caressent ou les effleurent, celles-ci se mettent à chanter.

Une expérience sensorielle qui questionne nos relations énergétiques avec les êtres vivants.

Le travail des deux artistes mêle les approches différentes d’un questionnement qui reste scientifique, au domaine de la création, et de l’humour, démarche beaucoup plus artistique. « Dans la continuité de notre territoire de recherche et d’action -le design de l’invisible- notre démarche se poursuit avec la volonté d’animer ce qui échappe à notre perception. En mêlant réalité et imaginaire, une expérience sensorielle qui questionne nos relations énergétiques avec les êtres vivants. »

Cette nouvelle alliance entre art et technologie permet en outre de convoquer trois sens chez le spectateur, qui ne se contente plus de l’aspect visuel, mais introduit également le plaisir du toucher et de l’ouïe.

metamorphy_limay14-3

Métamorphy est une oeuvre interactive, visuelle et sonore. Les spectateurs sont invités a toucher et explorer la profondeur du voile semi-transparent de l’installation. Cette peau symbolique possède une élasticité qui s’inscrit dans le processus de la métamorphose : elle se déforme lorsque le spectateur la touche, et reprend sa rigidité lorsqu’il la relâche. Chaque appui de la main en révèle des profondeurs différentes. L’exploration de ses différentes couches en profondeur révèle l’intimité d’un univers imaginaire. Les matières visuelles et sonores évoquent des univers profonds, méditatifs, à travers des substances organiques, liquides ou incandescentes.

Dans le cadre du mouvement futuriste, le compositeur Luigi Russolo publie en 1913 L’art des bruits. Russolo dénonce l’épuisement des répertoires classique et romantique et prône le retour aux sons de la nature, aux bruits des villes et des machines. Ensuite, la pièce 4’33 » composé par John Cage choquera avec ses concerts silencieux, qui sont en fait constitués de sons de l’environnement que les auditeurs entendent lorsqu’il les interprète. Il a ouvert la porte de l’interaction.

La présence sonore répétitive dans les oeuvres de Scenocosme rappelle les debuts de l’art en lien avec la musique. La nouvelle dimension du Scenocosme est donc des plus intéressante, donnant un nouveau degré au lien entre art et musique.

Article rédigé par Su-Mei TANG
Advertisements

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s