Painstation – //////////fur////

000_fur_potrait.JPGPainstation 1 / 2.0 / 2.5 – 2001 / 2003 / 2004 – //////////fur////


Le collectif fur est composé de deux artistes Volker Morawe et Tilman Reiff’s. Ils axent leurs créations autour d’une utilisation détournée des interfaces ergonomiques traditionnelles.

Dans leur oeuvre Painstation, ils proposent une arcade de jeu qui transcende la simple expérience numérique. La machine prend la forme d’une table de jeu pour deux personnes : le lieu du duel.


ps2_11

Chaque joueur se place d’un côté de la table et pose sa main sur une plaque à sa gauche, si le joueur retire sa main c’est un game over.

Le jeu se présente comme un pong complexifié. À l’aide de sa main droite sur le joystick, le joueur va tenter de gagner ou plus précisément éviter de perdre.

Si le joueur rate la balle, sa main gauche en subit les conséquences : soit par une décharge électrique, une brûlure via une plaque à induction sous sa main ou il se retrouve fouetté par un câble lancé à grande vitesse sur le dos de sa main.

Malgré la douleur les joueurs continuent de jouer et de subir. Voir même changer de main pour poursuivre le martyr.

Une fois décontextualisée, la douleur n’est plus perçue comme une souffrance mais comme une expérience. Ici la douleur est choisie, elle n’a pas nécessairement besoin d’être supporté. Le joueur peut retirer sa main et stopper le jeu mais le challenge, la curiosité, ou encore un plaisir pervers, le pousse à continuer.

2015-06-19-16.40.57.jpg

Ce principe se retrouve accru par la présence de spectateurs à la scène. Les joueurs se retrouvent observés par le public dont quelques futurs participants. La situation rappelle celle des fosses aux lions durant la rome antique, la glorification de la cruauté. Les joueurs se retrouvent dans une chorégraphie performative ou la douleur doit être partagée aux yeux des spectateurs.

Cette installation nous rappelle notre attrait pour la douleur, pour la cruauté et son spectacle. Grâce à un principe ludique elle nous met face à notre propre perversion.

L’effet de foule pousse à l’excès et à la curiosité, le jeu justifie l’initiative d’y participer : une ludification spectaculaire d’un sadomasochisme numérique.


Article rédigé par Charles Sauvat

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s