Martin HOWSE

howse_transnatural-2012

De nombreux questionnements relatifs à nos liens avec la Nature et notre environnement traversent l’ensemble des pans des réflexions sociales et sociétales. Les mondes scientifique et de la recherche connaissent un engouement certain tout comme les sphères journalistiques, médiatiques ou encore civiles. Un artiste britannique, Martin Howse, s’interroge sur cette thématique.

Ses travaux sont reconnus pour ses explorations de l’art médiatique, du « Land Art » et de l’informatique. Il postule que ces trois sphères seraient liées voire connectées et tente de le montrer en les croisant concomitamment afin d’identifier leurs transmissions respectives et mutuelles. Ainsi il testerait les liens entretenus entre l’Homme et la Nature. Son approche repose sur l’expérimentation de connexions directes de celle-ci à son média, l’outil informatique, qui lui permettrait par conséquent d’être connecté lui-aussi.

Par exemple dans un documentaire télévisuel lui étant dédié et diffusé par la chaîne ARTE (09/10/2012), Martin Howse explique vouloir entendre la Terre de la manière la plus première et la plus pure. À cette fin, on le voit brancher un ordinateur au sol et donc à la Terre. En outre, les sons identifiés sont enregistrés et réutilisés lors de performances notamment sonores.

Martin Howse explique vouloir répondre au besoin de si ce n’est de communiquer avec à la Nature mais au moins de s’en rapprocher. Cependant il n’explique que peu ce qu’il considère comme naturel. Par ailleurs, on entrevoie difficilement comment il interagit dans un dialogue conscient avec la Nature.

Sur un autre point, pour l’artiste, la Nature représenterait la réalité et s’opposerait à la virtualité, ici le numérique. Cette opposition entre réel et virtuel semble acquise mais n’est nullement explicitée.

howse_substrate_2011

Aussi par ses travaux, Martin Howse s’empare de ces dimensions sociales et sociétales pour, par et dans son art, il remplie ainsi  un des objectif de l’Art. Si on peut toutefois s’interroger sur sa portée, il n’en demeure pas moins que son travail semble faire public. Par ailleurs, sa démarche repose sur l’expérimentation et l’enquête, définissant son travail comme une œuvre artistique. Ainsi, Martin Howse intègre pleinement la sphère artistique. Cependant pour certains il semble sujet à controverse, notamment en raison d’un autre trait de son travail : la collecte et le recueil de déchets tout comme leur réutilisation dans ses productions. Ce mode de travail semble pourtant reconnu comme en atteste les travaux de Niki de Saint Phalle, Tom Deininger, Mary Ellen Croteau, Steven Siegel…

Une idée est sous-jacente aux travaux de Martin Howse, notre éloignement au naturel, il serait à l’œuvre pour donner place aux médias et à la technologie, dont l’emprise serait toujours plus présente voire pressante. En effet, l’essor et le poids des technologies numériques dans l’activité humaine et dans sa gestion ne peuvent être remis en question avec une connectivité omniprésente et les recours à la technologie et à la technique permanents. Par exemple, on peut citer le trading hautes-fréquence ou encore l’intelligence artificielle. En fait, on note de plus une opposition en réel et virtuel, liée à l’emprise des technologies notamment de l’information adossées à l’outil numérique. L’Art serait tout autant touché et cette situation est décrite dans l’ouvrage L’art au risque de la technologie – Les appareils à l’œuvre (vol1), de Pascal Krajewski. Il énonce : « le monde s’appareille et la technologie s’insinue par tous les pores… L’art n’est pas resté à l’abri de cette invasion. Les œuvres demeurent dynamiques, interactives, algorithmiques, instables. »

Dans ce volume, Karejewsky se projette sur les temps de la création de l’œuvre et de son existence comme objet. Ainsi, on pose la question de la mutation de l’œuvre artistique. Si on peut supposer qu’une de ses qualités intrinsèques est sa stabilité, l’auteur la questionne. À partir de là, peut-on poser la question de la pérennité de l’œuvre artistique ? Si tel est le cas, on peut questionner tout autant la démarche artistique l’ayant permise ? Ces questions montrent que des questionnements majeurs sur les arts numériques doivent être posées et des enquêtes menées.

martin-howse-ground-1200x900

Redigé par Marisol OCHOA
Sources:
« Martin Howse : Entre terre et logiciels » (9 octobre 2012) ARTE TV :
http://creative.arte.tv/fr/episode/martin-howse-entre-terre-et-logiciels?language=de
Pascal Krajewski, 2013,  L’Art au risque de la technologie (vol 1) – Les appareils à l’œuvre , L’Harmattan, 260 p.
Publicités

Le collectif H5

H5 est un collectif qui aujourd’hui regroupe des illustrateurs, réalisateurs, concepteurs, rédacteurs et une quinzaine de directeurs artistiques.

Il a été fondé en 1996 par Ludovic Houplain et Antoine Bardou-Jacquet fraichement diplômé de L’ESAG (Ecole Superieure d’Arts Graphiques Penninghen à Paris) et c’est les coordonnées de l’adresse de leur bureau à Paris qui va leur donner leur nom de scène. C’est d’abord en tant que studio de graphisme qu’ils vont se faire connaître. De 1996 à 2006 ils ont donné à la French Touch une identité graphique en créant des pochettes d’album d’artistes de ce mouvement, qui à l’époque n’était pas encore désigné de French Touch par la presse Anglaise. A ce moment là ils puisaient leur vocabulaire graphique dans les vitrines de magasins, les rayons de grandes surfaces, la réclame, les manuels… Leur style pouvait se définir par le banal, le quotidien, la culture de masse contrairement à la tradition qui se voulait opposée à la culture populaire.

S’inspirant du pop art ils se sont appropriés les outils de communication. Leur but était de répondre précisément et simplement à leurs commandes afin créer des visuels sans éléments de décorations superflus.

Couverture de l’album d’Etienne De Crecy, Super Discount qui sera le manifeste d’une génération que l’on appelle la French Touch

Image

Lire la suite

Video Mapping: La grande illusion

Le vidéo mapping est de nos jours un medium employé dans beaucoup de domaines ; l’art, la publicité, le théâtre, la danse … Son expansion a commencé il y a un peu plus de 7 ans, le développement de nouvelles technologies va donner des possibilités quasi illimitées aux artistes et créatifs multimédias.

Cependant la réalisation de ces œuvres souvent monumentales n’est pas à la portée de tous, pour un résultat optimal l’utilisation d’un matériel plus sophistiqué  est obligatoire. L’apparition de boites et de collectifs était donc a prévoir. Lire la suite

La musique vous permet de devenir imprévisible

Björk Guðmundsdóttir, bien plus connue sous le pseudonyme Björk est une artiste islandaise pluridisciplinaire.

Chanteuse/musicienne, il est difficile de catégoriser sa musique avec précision : électro-pop, pop underground, pop expérimentale, trip-hop… Active depuis son plus jeune âge, Björk est surtout connue pour sa marginalité et son originalité : excentrique autant par sa voix que pour le choix de ses collaborations, Björk donnera naissance a des ovnis multimédias, tant par leurs formes que leur contenu.

L’exemple même est son dernier album, nommé Biophilia. Le titre Biophilia (ou biophilie, en français) fait référence à une théorie popularisée par Edward Osborne Wilson dans son livre Biophilia, en 1984. L’hypothèse de la biophilie prétend qu’il y aurait un lien instinctif entre les êtres humains et les autres systèmes vivants, que les affiliations profondes des humains avec la nature seraient ancrées dans notre biologie. Biophilia est une exploration multimédia de la musique, de la nature et de la technologie. Comprenant musique originale, clips musicaux, œuvres d’art interactives et pédagogiques mais aussi artefacts musicaux, Biophilia est disponible sous la forme de dix chansons/applications pour tablettes mobiles auxquelles vous pouvez accéder à travers une galaxie en trois dimensions. Les dix morceaux de l’album sont liés à dix thèmes scientifiques couvrant des champs de recherches aussi vastes que l’origine de l’univers, la croissance des cristaux, la matière noire ou encore le développement durable.
Lire la suite

Faites nous confiance, tout a été préparé.

« Ne vous inquiétez pas Mademoiselle, c’est tout à fait normal. Ces petites choses sont fragiles vous savez ! »

Réponse type, lorsque vous demandez à un vendeur en téléphonie pourquoi votre foutu portable a du mal à garder sa batterie pleine plus d’une demie-journée.

Obsolescence programmée serait une réponse plus juste, plus logique mais quasi taboue ou prononcée à demi-mots. Depuis les années 60, cette expression est employée pour décrire sans aucun doute l’un des plus grands maux de nos sociétés “modernes” : la surconsommation.

Lire la suite

Bzzz ! Le son de l’électricité, Cécile BABIOLE, Festival GAMERZ, 2012

Bzzz! est une sculpture sonore qui tente de faire entendre et de mettre en espace le son de l’électricité. Un son qui nous entour quotidiennement mais qui se confond dans la masse

La sculpture à une forme circulaire, à l’intérieur de laquelle les spectateurs peuvent se déplacer. Le générateur est placé au centre de ce cercle et génère des vibrations sonores  légèrement amplifiées, reliées aux enceintes fixées sur des pieds de micros à environ 1m80. Cet effet circulaire est accentué par le rayonnement des câbles qui passent au dessus du spectateur et redescendent au niveau du générateur d’ondes sonores. Cette installation de Cécile Babiole nous fait entrer dans une sphère qui met en avant les bruits de la technologie et de l’éléctricité qui la nourrie. Les 24 enceintes produisent 6 sons différent diffuser dans l’espace au même moment, invitent le spectateur à déambuler et trouver des mélanges de sons qui seront bien différents d’un coté à l’autre de la pièce. Lire la suite