Du Light Painting pour visualiser les ondes Wi-Fi. IMMATERIALS

%d1%81%d0%bd%d0%b8%d0%bc%d0%be%d0%ba-%d1%8d%d0%ba%d1%80%d0%b0%d0%bd%d0%b0-2016-10-13-%d0%b2-22-18-40

Chaque jour, chacun d’entre nous est confronté à des multitudes d’ondes, radios ou wi-fi, sans même s’en apercevoir. Et si la photographie pouvait nous aider à visualiser ces ondes et nous faire prendre conscience de leur présence au quotidien ?

Le mois de décembre à Oslo est sombre, c’est un mois idéal pour le light painting. Pendant quelques semaines de marche, de mesure et de photographies, Timo Arnall, Jorn Knutsen et Einar Sneve Martinussen, ont visualisé un certain nombre de réseaux à Oslo. Les visualisations illustrent le terrain invisible des réseaux WiFi dans les environnements urbains. Ils ont résumé ce phénomène comme « Immatériel ».

Avec une barre de 4 mètres de long sur laquelle ils ont soudé 80 LEDs et un système de détection du RSSI (Received Signal Strength Indication) d’un réseau WiFi, les artistes peuvent illuminer un certain nombre de LEDs en fonction de l’intensité du signal et créer une représentation visuelle du réseau WiFi pour un lieu donné. 

5482012564_22cbeff30e_b

5481031917_b845dcd559_b

La tige de mesure est inspirée par les moyens que les géomètres-experts utilisent pour cartographier et décrire le paysage physique.

La radio et la communication sans fil sont des éléments fondamentaux de la construction des villes en réseau. Elles représentent un «terrain électromagnétique» qui est à la fois complexe et invisible, et dont leur présence est seulement suggérée par la présence d’antennes.

Immaterials: Light painting WiFi from Timo on Vimeo.

Ces peintures lumineuses montrent que les réseaux WiFi locaux, informels et fragmentés constituent une infrastructure urbaine très évoluée, en grande partie inaccessible et qui est principalement créée par ses utilisateurs. Les visualisations montrent le WiFi comme une partie du paysage urbain, et révèlent comment les espaces urbains peuvent être utilisés.

La visualisation des réseaux WIFI  illustre la manière invisible, immatérielle, intangible dont les technologies nous entourent et participent du discours de la ville.

Le lien pour accéder aux autres photos du projet :

https://www.flickr.com/photos/timo/sets/72157626020532597

———

Article rédigé par Tatiana Krasilnikova

Représentation de soi et identité numérique – Fanny Georges

9782707157492

Représentation de soi et identité numérique : Une approche sémiotique et quantitative de l’emprise culturelle du web 2.0 est un article de Fanny Georges paru en 2009. Dans cet article, elle étudie l’identité dans le web 2.0 et la manière dont l’utilisateur socialise et prend existence à l’écran. Elle s’intéresse moins à l’analyse des comportements, qu’à l’analyse de la structuration des représentations à l’intérieur du système du web. Le questionnement de l’impact et de l’emprise culturelle de la CMO (communication médiée par ordinateur) sur la représentation de l’identité ne comporte pas seulement des enjeux liés au numérique mais aussi des enjeux fondamentaux pour la société. L’évolution du web change le rapport à l’autre, le rapport à soi et modifie le concept de présence.

L’identité déclarative, c’est à dire les données saisies par l’utilisateur, constituait l’identité dans le web 1.0, mais ne s’y résume plus dans le web 2.0. Peuvent s’ajouter désormais, l’« identité agissante » (relevé explicite des activités de l’utilisateur par le Système) et l’ « identité calculée » (variables quantifiées produites d’un calcul du Système). L’identité déclarative peut être composée du nom, de photographies, des centres d’intérêts de l’utilisateur. L’identité agissante est le détail des actions que celui-ci effectue, un suivi de comportement, par exemple « X est rentré dans le groupe Y ». L’identité calculé est l’ensemble des données calculées par rapport aux activités de l’utilisateur, comme une sorte d’état global de la personne, par exemple le « nombre d’amis », le temps passé à faire une action, le « nombre de partage d’une publication » etc…

Ces trois dimensions de l’identité numérique correspondent à trois manières d’appréhender l’information. Une information sur une page de profil est une notification agissante (l’action s’est produite), mais elle fait à la fois l’objet d’un stockage dans la zone déclarative et est comptabilisée numériquement.

 

loadimg-1-php

Le profil personnel permet à l’utilisateur d’exister dans le monde numérique et de pallier l’absence du corps.Dans le « réel », la présence du corps est un indice absolu d’existence. Dans le monde « virtuel », consulter un site web ne suffit pas à donner à l’utilisateur une existence observable pour un autre utilisateur. L’un des composants de l’identité déclarative est le pseudonyme, l’autonyme qui est le nom donné à soi-même. L’auteure distingue Facebook dans lequel il est d’usage de donner son propre nom ce qui crée une tension identificatrice tendant à confondre identité réelle et identité virtuelle.

Pour pouvoir déclarer son identité, l’utilisateur doit effectuer un processus de modélisation du Soi. Il mobilise certains souvenirs pour constituer une représentation abstractive (ou schéma-silhouette) de lui-même. Il fait abstraction d’un certain nombre d’informations jugées non pertinentes, et en choisit d’autres qui lui semblent plus conformes à l’idée générale qu’il se fait de lui-même. Les signes déclaratifs vont permettre de le différencier et de le distinguer des autres utilisateurs.L’utilisateur doit se différencier pour sortir de l’ordinaire et se distinguer, en revanche sa représentation ne doit pas être trop distinctive pour qu’il puisse avoir des critères qui le mettent en relation avec d’autres membres et générer des réseaux nécessaires à la dynamique communautaire. Le corps a une importance primordiale dans l’identité sociale alors que le numérique donne une forme à ce qui n’en a pas dans le réel comme les centres d’intérêts, les pensées, les interactions, la classification des actions. L’identité de l’utilisateur et ses actions sont détaillés et calculés dans le temps.

 

loadimg-2-php

 

En s’appuyant sur des auteurs comme D. Peraya et J.-P. Meunier, A. Klein, J. Piaget, elle tente une approche sémiotique sociocognitive de la CMO. Elle étend la notion de décentration, définie comme les marqueurs textuels d’adresse à l’autre, aux outils du web 2.0 et aux jeux vidéos. La dynamique de centration-décentration naît de l’interaction de l’utilisateur avec les signes qui réfèrent à une altérité humaine ou objectale, par exemple les « amis », les médias partagés ou encore les objets possédés. L’identité en ligne peut être représentée par un embrayeur (le « ligateur autonyme » : l’avatar/photographie et le pseudonyme) par lequel s’opère la dynamique cognitive de centration et autour duquel s’agencent des signes par lesquels s’opère une dynamique de décentration tissant des liens entre le Sujet et le monde communautaire.

Pour montrer l’importance de l’identité agissante et calculée par rapport à l’identité déclarative, Fanny Georges s’appuie sur le design de la visibilité de D. Cardon et analyse les mécanismes de Facebook. Dans son étude sur le design de la visibilité, D. Cardon définit des modèles de visibilité pratiqués par les utilisateurs. Il distingue notamment le profil  « tout montrer tout voir » et le profil « montrer caché ». Les profils utilisateur ont été classés en deux groupes: les « hyper visibles » et les utilisateurs « cachés », en fonction de leur comportement déclaratif. Les utilisateurs « cachés » n’ont rempli aucun champ déclaratif ou un seul. Les utilisateurs « hyper visibles » ont rempli tous les champs déclaratifs.

Les utilisateurs hyper visibles ont une vie communautaire intense, qui se manifeste par la participation à des groupes et par l’envoi de messages collectifs et un taux de présence plus élevé. Les utilisateurs « cachés » ont autant d’amis que les utilisateurs « hyper visibles », mais ils entretiennent peu de liens publics avec eux (les messages privés n’étant pas observables). Même si l’utilisateur ne renseigne aucun champ déclaratif, le Système produit une représentation distinctive par l’identité agissante et calculée. L’absence d’informations déclaratives n’est donc pas un obstacle à la socialisation, ni à la reconnaissance par les autres, c’est-à-dire au phénomène identitaire. L’identité numérique dans Facebook est donc moins conditionnée par l’identité déclarative que par les identités agissante et calculée, qui valorisent équitablement les utilisateurs cachés comme les hyper visibles.

L’identité découle d’une co-dépendance entre le sytème et l’utilisateur. L’utilisateur saisit ses informations (graphiques, sonores, visuelles) et le sytème fournit le cadre et effectue un traitement et une valorisation de ces données. Le système crée un flux d’informations ininterrompu pour valoriser et mettre en relation les utilisateurs à l’intérieur d’une communauté. Ce processus crée une forme implicite de jeu social et de jeu avec soi-même. En interagissant avec le dispositif, le sujet s’informe dans la structure prédéterminée par l’interface. L’emprise culturelle est dépendante à la fois de la structuration de l’identité propre au dispositif et à la fois dépendante de son actualisation par la communauté des utilisateurs dont fait partie de Sujet.

« L’identité numérique est [ ] une coproduction où se rencontrent les stratégies des plateformes et les tactiques des utilisateurs. » (D. Cardon)

Étant donné qu’il n’y a pas de présence physique qui donne existence, l’individu doit sans cesse agir pour prendre existence dans le numérique. Qu’ils le veuillent ou non, les utilisateurs rentrent dans un processus dans lequel leur identité en ligne est en mouvement perpétuel. S’ils veulent continuer à exister, ils doivent produire et renouveler régulièrement les signes identitaires qu’ils projettent sur la plateforme.

_ _ _

Article rédigé par Liv D’orio

Smartphone, réseaux, les nouvelles technologies ont-elles détérioré notre façon de vivre ?

Plus que le téléphone mobile, la révolution en cours concerne l’accès au réseau global : il y a encore 10 ans, on surfait sur Internet depuis son bureau ou depuis chez soi. L’ordinateur était lourd, encombrant et peu transportable. Du coup, le réseau n’était pas disponible partout ni tout le temps. Lorsque l’on regarde maintenant autour de nous on se rend bien compte que tout cela a bel et bien changé! et en  peu de temps!
Depuis l’apparition du WAP (protocole conçu pour permettre, à un téléphone mobile ou à tout autre terminal portatif sans fil de taille réduite, d’obtenir un accès limité à Internet ) et surtout le couple  3G/smartphones, ces deux barrières ont sauté. L’accès à Internet est devenu permanent et de bonne qualité. Et du coup, les téléphones sont progressivement devenus autre chose. Le smartphone s’est alors transformé en un véritable ordinateur de poche. Lire la suite

Humain augmenté … vers un transhumanisme sous condition générale de vente ?

Concept de tatouage vibrant de Nokia. Source USPTO

Le mois dernier la presse spécialisée diffusait l’information selon laquelle Nokia vient de breveter un concept de tatouage vibrant permettant aux futurs utilisateurs de leurs téléphones portables d’être avertis directement sur la peau en cas d’appel. Gadget me direz vous ? Certainement … mais si cela vous paraît totalement inutile pour d’autre cela sera totalement indispensable. Cette connexion supra-cutanée est encore bien loin de tout ce qu’a imaginé la science-fiction et l’anticipation en terme d’interface homme-machine. L’on ne parle pas d’implants sous-cutanés ou intra-craniens comme il en existe déjà dans de nombreux laboratoires depuis de nombreuses années, mais jusqu’à présent principalement limités à des test sur des animaux. Lire la suite